Intempéries, crues... A quoi faut-il s'attendre pour la météo de samedi et dimanche ?

La Seine et le Pont Neuf, à Paris, le 3 juin 2016.
La Seine et le Pont Neuf, à Paris, le 3 juin 2016. (CITIZENSIDE / LUCAS ARLAND / AFP)

Huit départements de l'Ile-de-France et cinq du Centre-Val de Loire sont toujours placés en vigilance orange inondation.

Le Zouave du pont de l'Alma voit l'eau monter, monter, monter... Jusqu'où ? Car si la pluie a cessé, la Seine continue de monter, vendredi 3 juin. Le bassin de la Loire est dans la même situation. Ainsi, les huit départements de l'Ile-de-France et cinq du Centre-Val de Loire sont placés en vigilance orange inondation.

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Et ensuite ? A quoi faut-il s'attendre pendant le week-end ? Voici des prévisions réalisées à partir des informations de Vigicrues, réseau de prévention des crues, et de MétéoGroup, service de prévisions météorologiques, contactés par francetv info.

La pluie, c'est presque fini, mais le ciel restera gris

"L'accalmie est là." Bonne nouvelle ! Cela signifie que les pluies intenses des derniers jours sont derrière nous. Mauvaise nouvelle, dans les départements placés en vigilance orange, pour le soleil, il faudra encore attendre. "Il faut s'attendre encore à de la grisaille sur une large moitié nord du pays", prévoit Pierre Huat, météorologue à MétéoGroup.

Pourquoi, alors, émettre une vigilance orange pour treize départements ? Parce que le niveau de l'eau augmente encore. Or, pour des raisons administratives et légales, tous les départements où coule un fleuve concerné par une crue doivent être placés en vigilance orange, précise Pierre Huat.

La Seine va continuer à monter jusqu'à samedi

Les niveaux du fleuve sont élevés à Paris et vont le rester pendant plusieurs jours. La valeur maximale du niveau de la Seine à Paris sera comprise entre 6,10 m et 6,40 m et sera atteinte dans la nuit de vendredi à samedi, ou tôt samedi matin, selon Vigicrues. "On ne peut pas parler d'un pic, mais d'un plateau, car ce niveau haut restera relativement stable tout le week-end", précise Bruno Janet, responsable du pôle modélisation.

Le réseau de prévention des crues avait d'abord annoncé un maximum vendredi matin, avec 5,90 m. Il est finalement bien plus élevé et arrive plus tard. Pourquoi ? Les relevés de Vigicrues, du fait de dysfonctionnements des équipements de mesure, ont été sous-estimés. "Les capteurs, soumis à rude épreuve, ont pris un peu l'eau et ne donnent pas la mesure observée. On s'en est rendu compte grâce aux observateurs sur place, qui relèvent les niveaux manuellement", explique Bruno Janet.

Toutefois, comme Bruno Janet l'a expliqué à francetv info, on est loin de la grande crue de 1910, et son niveau record de 8,62 m. "On est plutôt autour du niveau de 1982, 6,15 m", souligne Pierre Huat.

La crue va se propager vers Rouen, mais il est encore trop tôt pour savoir dans quelle mesure. Dans le reste de la région parisienne, le niveau est encore haut, mais, par exemple, la décrue du Loing s'amorce doucement, à Nemours et Episy.

Dans le bassin de la Loire, le pic de crue sera atteint samedi ou dimanche

Le pic de crue du Cher, affluent de la Loire, sera finalement atteint samedi en fin de soirée ou dimanche matin. "Beaucoup de cours d'eau tels que la Sauldre, l'Yèvre, l'Arnon, importants sur l'amont, se propagent sur la partie aval," explique Bruno Janet. Ces affluents du Cher connaissent, depuis mardi, des crues historiques. La crue se propage doucement vers Tours, précise Vigicrues.

La situation est aussi stable du côté de l'Indre. Au niveau de la Loire, les premiers débordements ne sont pas dramatiques pour l'instant. Mais Vigicrues reste prudent dans ses prévisions et souligne qu'il faudra attendre samedi pour faire un point complet sur la situation.

"Tout cela est lié aux précipitations des jours précédents", indique Bruno Janet. "Ces cours d'eau ont débordé pour deux raisons. Les orages du week-end dernier [samedi 28 et dimanche 29 mai] ont détrempé les sols. Puis, lundi et mardi, on a connu des records de pluie, donc les précipitations se sont déversées dans les cours d'eau plutôt que dans les sols", renchérit Pierre Huat.