Inondations dans le Sud-Est : "On ressasse sans arrêt, ce qu'on a risqué, ce qu'on risque, comment on va retrouver les lieux"

Des véhicules abandonnés sur un parking à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, le 24 novembre 2019, suite aux intempéries.
Des véhicules abandonnés sur un parking à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, le 24 novembre 2019, suite aux intempéries. (VALERY HACHE / AFP)

La vigilance rouge a pris fin dimanche matin dans les Alpes-Maritimes et le Var, mais les axes de circulation des deux départements restent très perturbés et beaucoup d'habitants évacués la veille n'ont pas encore pu rentrer chez eux. Des sinistrés traumatisés.

Des pluies diluviennes se sont abattues samedi 23 novembre sur les départements du Var et des Alpes-Maritimes. Il est tombé en une journée l'équivalent d'un à deux mois de pluie, obligeant de nombreux habitants à quitter leur logement pour se mettre à l'abri.

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Jusqu'à 160 personnes ont ainsi trouvé refuge dans l'un des gymnases de la ville de Fréjus, et beaucoup ont dû y passer la nuit. C'est le cas d'Eugénie, évacuée de sa maison de Roquebrune par hélicoptère. "Pendant toute la journée, il n'y avait que la pelouse remplie d'eau de pluie", raconte-t-elle. "Mais vers 16 heures, ce n'est plus de l'eau propre qui arrive, c'est de l'eau sale", poursuit-elle. Après s'être mise à l'abri avec des amis dans le mobile-home de son fils, situé sur une butte, de l'autre côté de la haie, elle doit finalement se résoudre à partir.

A minuit, on a été hélitreuillés. Eugénieà franceinfo

Au gymnase de Fréjus, tout est prêt pour accueillir les sinistrés. "On leur fait remplir une fiche d'identification, on leur trouve des vêtements secs, on leur donne à manger et à boire chaud, on les réconforte. C'est beaucoup de contact humain et d'écoute", explique Fabrice Curti, adjoint à la mairie de la ville. Mais malgré cette prise en charge, la nuit a été éprouvante pour Marlène et son mari Patrick. Déjà touchés par les inondations en 2010, ces habitants des plaines, à quelques kilomètres de Fréjus, ont été évacués avec leurs deux chiens dans la soirée, et le réveil a été difficile.

J’ai un peu somnolé mais c’est tout, je suis très fatiguée.Marlèneà franceinfo

"Nous sommes allés chercher à une pharmacie de garde des médicaments qu’il me fallait. Je suis un peu dans les vapes, mais bon ça va aller, j’ai pris une bonne douche, ça va aller", répète Marlène comme pour se donner du courage. Le visage un peu fermé, épuisé, Patrick tente de prendre du recul. Il n’attend qu’une chose, rejoindre le domicile. "J’espère demain matin, pour voir les dégâts, mais bon..."

Ça fera comme en 2010, on aura tout perdu et on recommencera encore une fois, avec du courage et de la volonté, il faut aller de l'avant.Patrickà franceinfo

Comme le couple, Alexis n'a presque pas fermé l'oeil de la nuit et ce nouvel épisode d'inondations réveille chez lui aussi des souvenirs douloureux. "On ressasse sans arrêt, ça tourne en boucle, ce qu'on a risqué, ce qu'on risque, on ne sait pas comment on va retrouver les lieux...  C'est assez anxiogène", confie-t-il. Et même si la décrue est amorcée dimanche matin, il craint de nouvelles intempéries. "On est en pleine saison des pluies et ça risque de nous arriver à nouveau, peut-être même dans une semaine, s'inquiète-t-il. C'est ce qui est arrivé quand j'habitais à Sainte-Maxime."

Coup sur coup, on a eu une inondation une semaine, on a tout nettoyé, et c'est reparti la semaine d'après.Alexisà franceinfo

En attendant de pouvoir rentrer chez eux, beaucoup de ces sinistrés se préparent à passer une seconde nuit dans le gymnase de Fréjus, le temps que l'eau redescende. Les agents de la ville ont pointé les besoins en vêtements et chaussures. La Croix Rouge va ensuite être sollicitée. 

Le reportage, à Fréjus, de Cyril Ardaud.
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