VIDEO. Inondations dans l'Aude : la crue d'octobre a-t-elle provoqué une dangereuse pollution à l'arsenic ?

"PIÈCES A CONVICTION" / FRANCE 3

Le 15 octobre 2018, l'Aude a subi les pires inondations de son histoire. Outre les dégâts humains et matériels, avec la crue, des sédiments chargés en arsenic auraient dévalé les collines et se seraient répandus dans la vallée de l'Orbiel. "Pièces à conviction" a interrogé le préfet... Extrait.

Le 15 octobre 2018, l'Aude a subi les pires inondations de son histoire. Quinze personnes sont mortes, soixante-dix ont été blessées. Outre les dégâts humains et matériels, avec la crue, une autre menace a surgi : les inondations ont réveillé le spectre d'une ancienne pollution. Des taux importants d'arsenic ont été retrouvés dans l'eau de la vallée de l'Orbiel. Ce poison est un héritage de la plus grande mine d'or d'Europe, Salsigne, fermée depuis 2004. L'exploitation du minerai pendant plus d'un siècle a libéré l'arsenic présent dans la roche, et les déchets toxiques sont restés sur et autour du site.

"Nous sommes dans une situation de danger grave et imminent"

Avec les pluies diluviennes du mois d'octobre 2018, des sédiments chargés en arsenic auraient dévalé les collines. Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches honoraire à l'Inserm, explique que "des tonnes et des tonnes d'arsenic se sont répandus dans la vallée".

"Combien d'habitants, qui sont conscients qu'il y a un vrai problème avec cet arsenic, vont rester là en acceptant de prendre les petites mesures qui sont suggérées par les pouvoirs publics ? Je n'en sais rien, mais il est clair que nous sommes dans une situation de danger grave et imminent, et que la responsabilité de l'Etat dans cette histoire est accablante", s'insurge-t-elle.

"Je ne veux pas regarder ce film" répond le préfet...

Pour "Pièces à conviction", la journaliste Delphine Lopez continue son enquête. A Carcassonne, rendez-vous est pris avec le préfet de l'Aude, Alain Thirion. Elle souhaite lui montrer les images de la montagne d'arsenic lessivée par les pluies torrentielles. Réponse du préfet : "Je ne veux pas regarder ce film. Parce que je trouve que ce n'est pas un bon procédé." La journaliste insiste : "C'est dommage, car vous allez voir que tout le site recouvert d'arsenic a été lessivé par les pluies, et tout se retrouve dans la rivière, et dans les sédiments."

Le préfet l'interrompt : "Arrêtez ça immédiatement." La chargée de communication se place devant une des caméras de "Pièces à conviction" pour l'empêcher de filmer. Pour le préfet, il s'agit d'un sujet sensible. "Vous me montrez quelque chose… Je n'ai pas vu ces images avant. Vous me mettez dans une situation qui vise à faire de l'image… Mais la situation n'est pas comme ça..."

Extrait de "Inondations dans l'Aude : la difficile reconstruction", un reportage de "Pièces à conviction" diffusé le 6 mars 2019.

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