En mai, ne crois pas que c'est l'été !

Les hausses ponctuelles de chaleur ne sont pas exceptionnelles au printemps, notamment en mai, mois au temps habituellement variable.
Les hausses ponctuelles de chaleur ne sont pas exceptionnelles au printemps, notamment en mai, mois au temps habituellement variable. (FRANCK FIFE / AFP)

Il a fait brusquement très chaud, notamment dans le Sud-Ouest, jeudi. Une situation étonnante, mais qui ne devrait pas durer, selon Etienne Kapikian, prévisionniste à Météo-France.

Cela n'a échappé à personne, il fait chaud, très chaud, jeudi 10 mai. Les températures sont en hausse sur l'ensemble de l'Hexagone, mais surtout dans le Sud-Ouest, où le mercure a parfois dépassé les 30 degrés dans l'après-midi. Pour savoir si l'été est bel et bien là, FTVi a interrogé Etienne Kapikian, prévisionniste à Météo France.

FTVi : Pourquoi un tel pic de chaleur ?

Etienne Kapikian : Cette bouffée de chaleur est liée à un courant d'air chaud qui arrive du large du Maroc, et se dirige vers les pays baltes. Cette masse d'air chaud remonte vers la France en passant par la péninsule ibérique.

Les températures dépassent les 30° dans le Sud-Ouest. Est-ce une première ?

A cette période, non. On a déjà vu des chaleurs pareilles, même fin avril. Autour du 10 mai 1945, par exemple, on a connu des records. A l'époque, il faisait 32 degrés à Vichy et à Pau, ou encore 31 à Clermont-Ferrand. C'était comparable, voire supérieur à ce que l'on enregistre aujourd'hui. Mais attention, dans le Sud-Ouest, il fera encore très chaud jusqu'à samedi !

En revanche, dans le nord de la France, le mercure doit chuter brutalement vendredi. Pourquoi ?

Il faut savoir qu'une limite entre deux masses d'air se forme en ce moment près des îles britanniques. Il y a de l'air chaud du côté de la France, et de l'air froid, à 7-8 degrés, du côté de l'Irlande et de l'Ecosse. C'est ce courant qui va s'inflitrer dans la moitié nord vendredi. Il va ensuite s'engouffrer vers le sud durant le week-end, mais il se radoucira à mesure qu'il atteindra les basses latitudes.

Le mois d'avril a été pluvieux, l'hiver froid à certaines périodes... Cette fois, l'été est là ?

L'hiver n'a pas été si froid, souvenez-vous : les mois de décembre et janvier ont été doux, même si les températures de février ont été exceptionnellement basses. On a ensuite vécu un beau mois de mars, avec un retour de bâton en avril, qui a été pluvieux mais de bon augure pour lutter contre la sécheresse.

Le temps du mois de mai est traditionnellement variable, avec de belles journées mais aussi des coups de froid. Cette période est propice aux dépressions qui peuvent "traîner" dans des latitudes basses.

Nos prévisions jusqu'au 20 mai ne voient pas l'installation d'un anticyclone de manière durable, mais il peut y avoir de belles journées dans le sud du pays. En tout cas, il n'y aura pas de temps calme et sec de façon durable dans les 10 prochains jours. Ensuite, tout peut arriver !

Peut-on lier de telles sautes de températures au réchauffement climatique ?

Non. Une situation comme celle-ci est tout à fait normale. J'évoquais plus tôt l'année 1945, mais j'aurais pu citer également 1923, où les températures ont subitement grimpé. A l'inverse, en 1997, il neigeait début mai dans la région de Tours !

Tout cela fait partie de notre climat et n'a rien à voir avec le changement climatique. Il n'est pas encore démontré que le réchauffement génère plus de variabilité.

Vous êtes à nouveau en ligne