VIDEO. "Un travail très long, trop long" : un an après le passage d'Irma, la lente reconstruction de Saint-Martin

En septembre 2017, l'ouragan meurtrier dévastait l'île antillaise. À l'approche de la nouvelle saison touristique, les professionnels redoutent une activité très réduite, faute de reconstruction achevée.  

Dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, l’ouragan Irma frappait les Antilles et ravageait notamment l'île de Saint-Martin, faisant 11 morts et détruisant 95% des  bâtiments. La reconstruction est en cours, mais loin d'être suffisamment avancée pour relancer le tourisme, élément essentiel de l'économie insulaire.     

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Après une saison blanche l’an dernier, Saint-Martin compte bien accueillir ses premiers touristes cet hiver. Mais de nombreux chantiers sont en cours. Cyrille Trébout et ses associés sont en plein travaux pour reconstruire leur restaurant. "On le refait en plus solide, en plus cossu. On renforce des choses existantes, indique le commerçant. C’est un travail d’escargot, un travail très long, trop long." 

Cela fait un an qu’Irma a dévasté Orient Bay, une plage de sable fin considérée ici comme l’un des joyaux de l’île, explique Florent Letuvée, à la tête du site web local, sxminfo. Cet atout naturel de la partie française de l’île, un levier économique, est méconnaissable.

Aujourdhui, Orient Bay ressemble à une plage d'il y a 40 ans. La plage est vide, ça fait peur.

Florent Letuvée, du site sxminfo

à franceinfo

"Mais ça redémarre, assure-t-il. Ça se remet en place, on a un autre restaurant qui va ouvrir très prochainement."

Tout le monde n'est pas si confiant. Gilles, qui tient le tabac d’Orient Bay, a peur d'affronter une nouvelle saison sans touriste. "Ça ne bouge pas, c’est très long. On commence seulement à réparer les toits." Le buraliste ne croit pas au redémarrage de l'activité. "On n’a rien pour loger les gens. Même s’ils veulent venir, on ne peut pas les loger", affirme-t-il. Sa préoccupation est partagée par Jean-François Billot, vice-président de l’association des hôteliers de Saint-Martin. "L'île est un grand chantier, confirme-t-il. On est à un quart de notre inventaire. Et sur ce quart de chambres disponibles, on va avoir une activité touristique très en baisse puisque l’aéroport est quasiment fermé, avec à peine 25% des vols sur la partie hollandaise."

Il n’y aura pas de reprise économique avant encore une année.

Jean-François Billot, de l’association des hôteliers de Saint-Martin

à franceinfo

Tous espèrent désormais tenir jusqu’en 2019, et surtout ne pas vivre un nouvel ouragan qui serait une catastrophe pour l’économie de l’île. 

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