Irma : "Dans une situation de cette nature, il est inévitable que des choses ne fonctionnent pas", explique le préfet de la Guadeloupe

Un hélicoptère de l\'armée dépose de la nourriture, à l\'aéroport de Saint-Martin Grand Case, le 10 septembre 2017.
Un hélicoptère de l'armée dépose de la nourriture, à l'aéroport de Saint-Martin Grand Case, le 10 septembre 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)

Le préfet de la Guadeloupe, Éric Maire, a répondu aux critiques lundi sur franceinfo. S'il n'a pas confirmé que "l'ordre républicain était rétabli" sur Saint-Martin comme l'a déclaré le ministre de l'Intérieur, il a assuré que "des moyens" continuaient d'arriver en renfort.

Le préfet de la Guadeloupe, Éric Maire, a fait le point lundi 10 septembre sur la mobilisation en cours vers Saint-Martin et Saint-Barthélemy, sur Urgences Info îles du Nord. Il a aussi tenu à réagir aux critiques sur la lenteur de l'arrivée des secours : "L'attente est intolérable, mais il y a des raisons physiques qui font qu'on ne peut pas aller plus vite", a-t-il répondu, saluant "la réactivité" de l'État.

franceinfo : Où en est-on de la mobilisation en matériels et en renforts ?

Éric Maire : Nous avons mis en place des moyens considérables depuis jeudi 7 septembre. J'observe la réactivité, la capacité de l'État à faire face. Nous avons mis en place un pont aérien avec des moyens militaires, avec des avions que nous avons affrétés. Nous avons mis en place des liaisons maritimes avec sept navires de la Marine nationale. Cela nous a permis d'envoyer près de 2 000 hommes sur place pour assurer la sécurité et les secours. L'eau est distribuée quartier par quartier, voire maison par maison. Il y a une organisation en place pour que les gens aient un minimum d'eau chaque jour, la nourriture est distribuée. L'usine de désalinisation de Saint-Martin n'est pas en état, donc il a été décidé l'envoi d'une unité de désalinisation. Elle serait arrivée à Pointe-à-Pitre, mais je n'ai pas encore la vérification. 

Pour la mise à l'abri des personnes, 120 palettes de tentes gonflables sont en cours d'acheminement pour mettre à l'abri un certain nombre de personnesÉric Maire, préfet de Guadeloupeà franceinfo

Il y a un fantastique élan de solidarité et il fallait organiser tout cela. J'ai organisé hier [dimanche 10 septembre] une réunion avec les collectivités de Guadeloupe qui sont prêtes à apporter de l'aide. Les deux collectivités mettent à disposition un hangar, et pour l'envoi des matériaux, soit les personnes envoient elles-mêmes, soit l'État le fait. Tout cela est régulé pour éviter que ça soit le désordre, puisqu'on ne peut pas accueillir un certain nombre d'avions en même temps sur la piste de l'aéroport de Saint-Martin.

Comment faites-vous pour assurer les évacuations des sinistrés ?

Le bilan sanitaire n'était pas élevé, heureusement. Il y a eu un afflux un peu plus inhabituel des blessés à l'hôpital. Nous avons évacué en priorité les malades qui ne pouvaient plus être pris en charge à l'hôpital de Saint-Martin, les blessés et un certain nombre de personnes vulnérables (des enfants en bas âge). Dans le même temps, il a fallu acheminer des secours. Je mesure le désarroi de la population, lorsqu'on a perdu sa maison, qu'on a pas d'électricité, qu'on n'a plus rien... Il fallait absolument commencer à nous donner les moyens de rétablir une vie normale.

Des critiques s'élèvent contre l'État qui aurait tardé à acheminer les secours. Que répondez-vous aux sinistrés de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy en colère ?

Dans une situation de cette nature, il est inévitable que des choses ne fonctionnent pas ou que des erreurs soient commises. Immédiatement, on a eu des renforts depuis la métropole, la Martinique et la Guyane. Forcément, quand vous faites venir un transport de la métropole, ça ne se fait pas en quelques minutes, il y a 8h30 de vol. Mais je comprends, encore une fois, le désarroi des habitants. L'attente est intolérable, mais il y a des raisons physiques qui font qu'on ne peut pas aller plus vite. Je peux vous assurer que tous les fonctionnaires que je vois sont vraiment dévoués pour faire le maximum pour les Saint-Martinois. J'ai une cellule de crise en préfecture qui fonctionne 24 heures sur 24 sans discontinuer depuis le début. Concernant les pillages, les communications restent difficiles, mais le nombre d'exactions a bien diminué, et nous continuons à envoyer des moyens pour assurer la sécurité dans l'île.

"J'observe la réactivité, la capacité de l'État à faire face" Éric Maire, préfet de Guadeloupe à franceinfo.
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