Etats-Unis. Sandy, un ouragan très politique

Le président américain sortant, Barack Obama, s\'exprime dans les locaux de l\'Agence fédérale américaine des secours d\'urgence, à Washington (Etats-Unis), le 28 octobre 2012.
Le président américain sortant, Barack Obama, s'exprime dans les locaux de l'Agence fédérale américaine des secours d'urgence, à Washington (Etats-Unis), le 28 octobre 2012. (SIPA USA)

A une semaine de l'élection, la tempête chamboule l'agenda politique. Peut-elle influencer les résultats ? Eléments de réponse.

OURAGAN SANDY - Surnommée "Frankenstorm", en référence à la fête d'Halloween programmée mercredi 31 octobre, l'ouragan Sandy fait trembler la côte Est des Etats-Unis. Mais Sandy n'inquiète pas seulement les météorologues : à une semaine de la présidentielle, les politiques sont sur le qui-vive.

Le souvenir de l'ouragan Katrina, qui avait dévasté la Nouvelle-Orléans en 2005, est dans toutes les têtes. A l'époque, George W. Bush avait été accusé d'avoir mal géré cette crise, au cours de laquelle 1 800 personnes avaient trouvé la mort. Sa cote de popularité ne s'en était jamais remise. A une semaine de l'échéance, quel impact l'ouragan Sandy a-t-il sur la campagne ? Peut-il influencer les résultats ?

L'élan brisé en pleine ligne droite

A une semaine de l'échéance, l'agenda des deux candidats a été chamboulé. Mitt Romney a renoncé à faire campagne dimanche en Virginie. A la place, il a retrouvé son colistier Paul Ryan dans l'Ohio. Barack Obama, lui, a renoncé à plusieurs réunions de campagne prévues en Floride, en Virginie et dans le Colorado. Le président sortant a préféré regagner la Maison Blanche, à Washington, d'où il souhaite "surveiller" Sandy. 

Les équipes de campagne ont rapidement actualisé la page d'accueil des sites des candidats. Celle de Mitt Romney comme de Barack Obama proposent de faire des dons à la Croix-Rouge. Et les internautes ont eux aussi compris que l'arrivée de l'ouragan aurait des répercussions sur la fin de la campagne.

Barack Obama sur le pied de guerre

Dès dimanche, le président sortant s'est rendu au siège de la Fema, l'Agence fédérale des secours d'urgence. Il a insisté sur le caractère "très sérieux" de la menace. "On ne sait pas où elle va frapper (...) c'est pourquoi il est si important d'être prêt à réagir massivement et rapidement", a-t-il dit, promettant que les victimes recevraient l'aide fédérale nécessaire.

C'est un moment important pour Barack Obama, qui retrouve ainsi, le temps d'une crise météo, le costume de président. Pour un porte-parole de la Maison Blanche, "cela illustre à nouveau le fait que le président doit donner la priorité à ses responsabilités de commandant en chef, de dirigeant du pays, tout en continuant à être candidat à sa réélection."

Mitt Romney l'attend au tournant

Le candidat républicain est donc dans une position difficile, celle de l'attente. Tant que son adversaire démocrate ne fait pas de bourde, ou que l'organisation des préparatifs n'est pas pointée du doigt, Mitt Romney ne peut faire campagne sur l'ouragan. En meeting dans l'Ohio, son colisiter Paul Ryan a simplement déclaré (à 1'30" sur cette vidéo) : "Ce soir, quand nous rentrerons chez nous, nous aurons une prière pour les habitants de la côte Est."

Sa discrétion doit être d'autant plus grande que Romney ne s'est pas montré tendre envers la Fema. En 2011, le républicain avait déclaré à son sujet qu'il "ne voulait pas la soutenir" et proposait de transférer ses compétences aux Etats. Cette vidéo, qui le montre donnant une interview sur CNN, pourrait ainsi être utilisée par ses adversaires en cas de critiques contre le camp Obama :

Les votes anticipés chamboulés

Sur le terrain, l'ouragan a déjà compliqué bien des procédures. La principale inquiétude concerne le vote anticipé, autorisé dans plusieurs Etats. Le gouverneur du Maryland a annoncé que ce type de vote serait annulé dans cet Etat ; en Caroline du Nord, les deux comtés côtiers les plus exposés ont aussi fermé leurs bureaux.

La Virginie, la Pennsylvanie et le New Hampshire, trois Etats très disputés, ne permettent pas le vote anticipé dans les urnes mais il y est possible par correspondance. Des retards et incidents dans la distribution du courrier pourraient donc avoir un impact sur le scrutin.

Les militants freinés sur le terrain ?

La mobilisation des militants pourrait en outre être malmenée. Les derniers jours sont cruciaux pour convaincre les indécis, dont la part est estimée à 6% du corps électoral. Selon Real Clear Politics (lien en anglais), Mitt Romney fait désormais la course en tête au niveau national, avec 49% des intentions de vote, contre 47% pour Barack Obama.

Des militants pro-Obama en route pour une opération de porte-à-porte, à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis) le 20 octobre 2012.
Des militants pro-Obama en route pour une opération de porte-à-porte, à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis) le 20 octobre 2012. (MARION SOLLETTY / FRANCETV INFO)

Or, une des stratégies du camp Obama est justement la mobilisation sur le terrain, au porte-à-porte. Dans l'Ohio notamment, un des état-clés, "une petite différence, même minime, peut avoir des conséquences très importantes sur le scrutin", prévient le site Politico (lien en anglais). L'erreur n'est pas permise : en cas de cafouillage, ni Obama ni Romney n'auront le temps de rebondir avant l'élection.

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