VIDEO. Une photographe immortalise les derniers instants des habitants de l'Isle de Jean Charles

BRUT

Elle a rencontré les derniers habitants de l'Isle de Jean Charles, en Louisiane, qui disparaît peu à peu sous les eaux. La photographe Sandra Mehl raconte ce qu'elle a vu.

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"Je voulais montrer les derniers moments de vie de ces habitants sur cette île, l'attente de la dernière heure…"

Dans deux générations, l'Isle de Jean-Charles, petit bout de terre accroché au sud de la Louisiane, aura disparu dans le Golfe du Mexique. La photographe documentaire Sandra Mehl est allée plusieurs fois sur place pour y rencontrer les derniers habitants. Parmi les habitants qu'elle a rencontrés, certains lui ont fait part de plusieurs souvenirs comme l'époque où il y avait encore des forêts qui s'étendaient devant leurs yeux. "Aujourd’hui, il n'y a plus que de l'eau." Et les chiffres sont édifiants : depuis 1955, 98 % du territoire a disparu. École, église, épicerie… tout a disparu.

Une île condamnée

Le réchauffement climatique, la montée des eaux, l'érosion côtière et l'exploitation pétrolière en Louisiane sont plusieurs facteurs qui vont causer sa disparition totale d'ici à une cinquantaine d'années. "La Louisiane est le 4ème état producteur de brut des États-Unis", explique Sandra Mehl.

Pour se rendre sur l'île depuis la Louisiane, il existe une seule route, souvent inondée. De part et d'autre de cette route, se trouvent quelques dernières habitations, des maisons en bois posées à même le sol. Ces maisons sont particulièrement fragiles et les quelques dispositifs de protection sont plutôt sommaires.

Face à ces menaces, les habitants sont souvent présentés comme les "premiers réfugiés climatiques" des États-Unis. "Ils ont reçu une somme d'argent pour être relocalisés ailleurs", explique la photographe. Problème : les travaux tardent à se faire. "Les habitants commencent à s'impatienter", précise Sandra Mehl.

Des habitants attachés à leur île

Mais, plusieurs d'entre eux, très attachés à leur île, refusent de partir. Le couple le plus âgé de l'île y a grandi, y a éduqué ses enfants… et souhaite y finir sa vie. "Dans mes échanges avec les gens de l'île, je n'ai jamais ressenti de colère, de désignation de coupables ou quoi que ce soit. J'avais plutôt l'impression que les gens étaient résignés, acceptaient la situation", se souvient Sandra Mehl. Pour elle, il est nécessaire de montrer que, y compris aux États-Unis, dans la première puissance économique mondiale, on trouve des réfugiés climatiques.

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