VIDEO. Un submersible chinois au cœur des eaux les plus profondes de la Terre

FRANCEINFO

Le "Fendouzhe", un submersible chinois avec trois scientifiques à bord, a réussi à descendre à plus de 10 000 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes, située dans le Pacifique occidental. 

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Une poignée d'explorateurs en 1960, le cinéaste américain James Cameron… puis trois scientifiques chinois, embarqués à bord du Fendouzhe. Prenant la suite des rares explorations dans la fosse des Mariannes, dans le Pacifique occidental, ce submersible chinois est descendu à son tour dans les eaux les plus profondes de la Terre, à plus de 10 000 mètres de profondeur. 

Vendredi 20 novembre, la Chine a diffusé en direct les images des explorateurs, plongés dans une zone obscure, à la découverte de ses habitants. Dans la fosse des Mariannes, le submersible tente d'observer "les nombreuses espèces et la répartition des êtres vivants dans les fonds marins", a expliqué l'équipe à bord à CCTV. Selon la télévision publique chinoise, ces scientifiques doivent également collecter quelques spécimens au cours de leurs recherches. 

Car la fosse marine la plus profonde de la planète recèle encore de nombreux mystères. "On ne connaît pas grand-chose encore, même s'il y a eu moins de dix personnes qui ont pu y aller. Ce que l'on sait, c'est que c'est un environnement qui est comme ce que l'on appelle le 'Deep Sea', le profond classique, très sédimentaire", explique à franceinfo Françoise Gaill, conseillère scientifique à l'Institut écologie et environnement du CNRS, et vice-présidente de la plateforme Océan et Climat. "Il y a quelques poissons, des étoiles de mer, des échinodermes [famille des oursins et des étoiles de mer], des choses comme ça. La densité des organismes est assez faible", poursuit cette spécialiste des écosystèmes profonds océaniques. 

"L'atmosphère, à 10 000 mètres de fond, c'est 1 000 fois la pression de celle que nous avons à la surface de la Terre. Comme il n'y a pas de lumière, il n'y a pas de plantes du tout. Il n'y a que des animaux, ou des micro-organismes."

Françoise Gaill, conseillère scientifique au CNRS

à franceinfo

Cette nouvelle mission dans un environnement "désolé" et "extraterrestre", comme le décrit le réalisateur James Cameron, "permettrait de voir s'il y a de nouvelles formes de micro-organismes qui seraient adaptées à ces environnements particuliers, et quels sont les types d'organismes dans l'ensemble du règne vivant qui pourraient coloniser ces environnements", développe Françoise Gaill. 

Du plastique à 10 000 mètres de profondeur

L'océanographe est convaincue que ces missions peuvent aussi apporter des réponses sur la question du réchauffement climatique et de l'impact humain sur l'environnement. "Même dans ces environnements, la pollution humaine peut se vérifier. C'est-à-dire qu'il y a des bouteilles de plastique, du plastique. L'anthropisation se fait à toutes les profondeurs", explique la conseillère scientifique. 

"Cette exploration met les projecteurs sur un environnement qu'il nous faut connaître pour pouvoir comprendre les conséquences du changement climatique, et voire même comprendre aussi la manière dont l'océan peut jouer son rôle de régulation des changements climatiques."

Françoise Gaill, conseillère scientifique au CNRS

à franceinfo

Selon CCTV, les scientifiques chinois à bord du Fendouzhe entendent aussi mener des recherches sur les "matériaux des eaux profondes". Vers l'exploitation de ressources minérales dans ces abysses ? 

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