VIDEO. Municipales : quand les maires verdissent leur bilan

En France, pour être réélus, beaucoup de maires ont bien conscience qu'il va falloir mettre un peu plus de vert dans leur programme. Ruches sur les toits, pistes cyclables à gogo... A deux mois des élections, ils rivalisent d'initiatives écolo, pas toujours aussi efficaces qu’on l’imagine.

A l’approche des élections, certains maires préparent une nouvelle candidature. Et sur le thème de l’écologie, de plus en plus porteur, la tentation est parfois grande de verdir leur bilan… tant qu’il est encore temps. Alors, opportunisme ou vraies convictions ?  

A Privas dans l’Ardèche, depuis ces dernières semaines, les projets écolos fleurissent. Une route solaire de quelques mètres a été installée cet automne. Au dernier conseil municipal, le maire a annoncé investir dans des ruches, et l’installation de garages à vélos. Aujourd’hui, ses opposants, qui saluent ces mesures, ne reconnaissent plus leur maire.  

Des mesures électoralistes ?  

« Un des premiers actes du maire une fois élu a été la réutilisation des pesticides par les services techniques de la ville, » se souvient le socialiste Barnabé Louche. Pour la communiste Chantal Battain, « C’est tellement en décalage avec ce qui a été fait au cours de la mandature qu’on ne peut s’empêcher de se dire que c’est une mesure électoraliste. »  

Le maire, Michel Valla, assume. Pour lui l’écologie est une nouvelle tendance, et il y souscrit. Quand on lui fait remarquer qu’il semble aujourd’hui plus vert qu’au début de ce mandat, il reconnaît que « les choses ont changé ». N’est-ce pas électoraliste ? « Ça l’est forcément pour tout le monde ! L’opposition quand elle nous tacle, c’est un peu électoraliste aussi ! »  

A Lyon, 300 000 euros de bacs à fleurs  

Mais au concours du maire le plus vert, il y a parfois des non-sens. A Lyon, pour végétaliser le centre-ville, la mairie a fait installer pour 300 000 euros de bacs à fleurs dans cette rue. 1,5 kilomètre de jardinières géantes… sur une voie auparavant réservée aux bus et aux vélos, des transports pourtant plus écolos que la voiture.  

« Pour les cyclistes c’est un enfer, » relève Leslie Agabriel de l’association « La ville à vélo ». « Il y a des camions qui passent, on n'a pas de place. Là c’est juste : ‘vite, il faut qu’on se dépêche de faire quelque chose pour l’écrire sur le bilan du mandat !’ »  

Pour l’heure, la ville n’a pas installé la totalité des bacs initialement prévus, et dément tout verdissement opportuniste. Elle veut, dit-elle, développer les zones piétonnes. « Le but c’est de privilégier le déplacement du plus faible, c'est à dire le piéton, le déplacement le plus écolo, » explique l’adjoint aux espaces vert Alain Giordano. « Et les autres modes de déplacements sont appelés à disparaitre petit à petit. »  

Il reste 9 semaines avant les municipales. Pour les maires tentés de repeindre leur bilan en vert, pas sûr que cette dernière couche suffise à gagner des voix.

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