VIDEO. Dans le Var, les constructions continuent en zone inondable

A Sainte-Maxime, dans le Var, la Garonnette est entrée en crue en 2018. Deux ans plus tard, une villa vient de sortir de terre à quelques mètres du fleuve côtier : comment un projet immobilier de six maisons familiales peut-il voir le jour en pleine zone inondable ? Dans cet extrait de "Complément d'enquête" du 21 janvier 2021, deux journalistes du magazine se sont fait passer pour des acheteurs. 

A Sainte-Maxime, dans le Var, les fortes pluies de l'automne 2018 ont fait deux victimes, retrouvées mortes dans leur voiture à l'embouchure de la Garonnette. D'ordinaire paisible, la rivière s'était transformée en torrent. Malgré les drames, qui risquent d'être de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique, les constructions en zone inondable continuent. 

Six maisons en vente sur un terrain inondé en 2018

A quelques mètres des lieux, deux ans plus tard, une villa vient de sortir de terre. En tout, ce sont six maisons familiales qui vont être construites sur ce terrain, car la tragédie n'a pas fait changer ses plans à un promoteur de la région. Elles sont vendues entre 600 000 et 740 000 euros, piscine privée comprise.

Comment peut-on encore construire sur une zone inondable ? Pour en savoir plus, deux journalistes de "Complément d'enquête" se sont fait passer pour des acheteurs. La rencontre est tournée en caméra cachée. En voici un extrait.

Un permis de construire délivré en 2008...

Le promoteur affirme que son terrain n'a jamais été inondé, ce que démentent des images tournées au lendemain de la crue de 2018. Il aurait tenu compte du risque, explique-t-il, en construisant "vingt centimètres au-dessus du niveau de la crue centennale". Pour rassurer les acheteurs potentiels, il a cet argument : le permis de construire délivré par la mairie.

Le maire de Sainte-Maxime, Vincent Morisse, reconnaît avoir accordé ce permis en 2008, "en adéquation avec la réglementation qui, en termes d'inondations, n'existait pas sur ce petit cours d'eau". Avant d'en demander le retrait neuf mois plus tard, "considérant que le terrain est en zone inondable dont la dangerosité est avérée".

... dont le retrait a été demandé trop tard

Trop tard... car au-delà d'un délai de trois mois, aucun recours juridique ne permet de retirer un permis de construire. Des familles vont donc emménager sur un terrain reconnu à risque, et ni l'Etat ni le maire ne sont en mesure de stopper le projet...

Extrait de "Inondations : zones rouges et verts de rage", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 21 janvier 2021.

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