Succès de la pétition contre "l'inaction climatique" : "L'État n'a pas le droit de ne pas écouter cette mobilisation"

Marie Toussaint, présidente de l\'association Notre affaire à tous, le 18 décembre 2018.
Marie Toussaint, présidente de l'association Notre affaire à tous, le 18 décembre 2018. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

La présidente de l'association Notre affaire à tous, Marie Toussaint, a indiqué lundi sur franceinfo que la pétition lancée pour soutenir un recours contre l'État a dépassé 1 600 000 signatures en six jours. 

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Les signatures s'empilent sur la pétition en ligne, "L'affaire du siècle", portée par quatre ONG voulant lancer un recours en justice contre l'État français pour "inaction climatique". "C'est la plus grande pétition de France aujourd'hui, elle a recueilli plus d'1 600 000 signatures en six jours. On a battu tous les records", a commenté Marie Toussaint, présidente de l'association Notre affaire à tous, l'une des ONG mobilisées, invitée lundi 24 décembre de franceinfo. "L'inaction est illégale, l'État n'a pas le droit de ne pas écouter cette mobilisation", a-t-elle ajouté.

franceinfo : Êtes-vous surprise par ce succès extrêmement rapide ?

Marie Toussaint : Nous sommes contents de l'appui de notre démarche. 'L'affaire du siècle' est une action en justice climatique face à l'État français menée par Notre affaire à tous, avec Greenpeace France, Oxfam France et la Fondation pour la nature et l'homme, pour souligner la faute de l'État qui ne respecte pas ses engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Et ce dans plusieurs secteurs. On l'observe à la fois en matière de réduction des gaz à effet de serre, ces émissions n'ont eu de cesse d'augmenter en France depuis la signature de l'accord de Paris. En matière d'efficacité énergétique, par exemple dans les transports ou le bâtiment, ou encore en matière de renouvelable ou d'adaptation du territoire. Dans tous ces domaines, l'État est très en retard par rapport aux objectifs qu'il s'est lui-même fixé à travers la loi. Cette démarche vise à dire que puisque les citoyens respectent la loi, puisqu'ils agissent dans leur vie quotidienne pour le climat, l'État doit lui aussi agir pour le climat et respecter la loi.

Êtes-vous sûre que les citoyens agissent pour le climat ?

Un très grand nombre d'entre eux, et je crois que ce soutien accordé à 'L'affaire du siècle', que l'on peut encore signer, montre bien que les citoyens sont concernés, prêts à s'engager et à agir. C'est une pétition qui soutient une action en justice, c'est assez engageant. Les juges ne sont pas imperméables à l'opinion d'une société. L'État n'a pas le droit de ne pas écouter cette mobilisation. C'est la plus grande pétition de France aujourd'hui, elle a recueilli plus d'1 600 000 signatures en six jours. On a battu tous les records, même si l'attention peut paraître être ailleurs car on essaie de mettre de côté la question climatique pour la remplacer par d'autres questions. Cette pétition n'est pas anti-'gilets jaunes', comme les 'gilets jaunes' ne sont pas anti-écologie. Au contraire, nous portons des choses en commun. Ils manifestent pour dire qu'il y a des injustices sociales, fiscales, économiques, mais ils disent qu'il y a aussi des injustices écologiques, qu'ils sont les premiers à être pollués, que les plus pauvres sont ceux qui subissent en premier la malbouffe. Il y a 11,5 millions de Français en précarité énergétique, du fait notamment du prix de l'énergie. Si l'on investissait pour le climat, on réduirait les factures.

Si l'État est condamné, que se passe-t-il ?

L'État peut être condamné. Le juge peut reconnaître une faute de l'État, ce qui a déjà été fait dans l'affaire de l'amiante ou dans celle du sang contaminé. C'est à peu près deux ans de procédure. Le juge peut ajouter à cela des injonctions à l'action, demander à l'État de prendre les mesures nécessaires pour se remettre sur la trajectoire fixée par la loi. Sinon, il peut être condamné à des astreintes, des amendes par jour de retard.

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