Réchauffement climatique : la montée des eaux pourrait faire 280 millions de déplacés, selon le Giec

Le glacier Apusiajik à Qulusuk (Groenland, Danemark), le 17 août 2019.
Le glacier Apusiajik à Qulusuk (Groenland, Danemark), le 17 août 2019. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

Le Groupe d'experts alerte une nouvelle fois sur les conséquences du réchauffement climatique, dans un rapport sur les océans et la cryosphère qui sera rendu public fin septembre.

Le Giec tire à nouveau la sonnette d'alarme. Si rien n'est fait pour donner un grand coup de frein aux émissions de gaz à effet de serre, les réserves de poissons pourraient décliner et les dégâts causés par les cyclones se multiplier, alerte un projet de rapport de l'ONU obtenu en exclusivité par l'AFP, jeudi 29 août. Dans l'hypothèse optimiste où le réchauffement climatique serait limité à 2 °C par rapport à l'ère pré-industrielle, 280 millions de personnes seraient déplacées à cause de la hausse du niveau des mers, indique ce rapport sur les océans et la cryosphère (banquise, glaciers, calottes polaires et sols gelés en permanence), établi par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

Ce document riche de 900 pages, qui sera officiellement dévoilé le 25 septembre à Monaco, est le quatrième rapport spécial de l'ONU publié en moins d'un an. Il estime que de nombreuses mégapoles proches des côtes, mais aussi de petites nations insulaires, pourraient être touchées par des inondations chaque année à partir de 2050, à cause de l'augmentation prévisible de la fréquence des cyclones. Les hausses des niveaux de la mer au XXIIe siècle "pourraient dépasser plusieurs centimètres par an", soit environ cent fois plus qu'aujourd'hui. "Quand vous observez l'instabilité politique déclenchée par des migrations de faible ampleur, je tremble en pensant à un monde où des dizaines de millions de personnes devraient quitter leurs terres avalées par l'océan", s'inquiète Ben Strauss, président-directeur de Climate Central, un institut de recherches basé aux Etats-Unis.

Un sommet mondial sur le climat fin septembre

Le rapport prévoit en outre que 30% à 99% du permafrost (ou pergélisol, la couche du sol gelée toute l'année) aura fondu d'ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel. Le permafrost de l'hémisphère Nord va libérer sous l'effet du dégel une "bombe carbone" faite de dioxyde de carbone et de méthane, accélérant le réchauffement. La fonte des glaciers provoquée par le réchauffement climatique va donner trop d'eau douce, puis trop peu, à des milliards de personnes qui en dépendent, pointe aussi un "résumé pour décideurs" provisoire, qui sera discuté ligne par ligne par les représentants des pays membres du Giec, réunis à Monaco à partir du 20 septembre.

La publication de ce rapport arrivera après la tenue à New York le 23 septembre d'un sommet mondial pour le climat convoqué par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Il veut obtenir des engagements plus forts des pays pour réduire leurs émissions de CO2 alors qu'au rythme actuel, elles conduiraient à un réchauffement climatique de 2 à 3 °C d'ici la fin du siècle. Les experts craignent que la Chine, les États-Unis, l'Union européenne et l'Inde (les quatre principaux émetteurs de gaz à effet de serre), arrivent avec des promesses qui ne soient pas à la hauteur des enjeux.

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