Rapport du Giec : "Nos façons de produire et de consommer nous emmènent droit dans le mur", selon Brune Poirson

 Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, à l\'Elysée le 5 septembre 2018, à Paris.
 Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, à l'Elysée le 5 septembre 2018, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"On ne peut plus fonctionner avec une économie qui ne cesse d'extraire toujours plus de ressources naturelles" a lancé, lundi sur franceinfo, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, après le rapport du Giec sur le réchauffement climatique.

#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

"Aujourd'hui nos façons de produire et de consommer nous emmènent droit dans le mur", a lancé lundi 8 octobre sur franceinfo, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, alors que le Giec lance une alerte rouge sur le réchauffement climatique dans son rapport, en réclamant des transformations "rapides" et "sans précédent" pour arriver à limiter le réchauffement à 1,5°C. "Il faut faire en sorte que l'argent qui est investi dans des centrales à charbon le soit plutôt dans des centrales solaires", a ajouté la secrétaire d'État.

franceinfo : Que peut répondre la France à cette alerte lancée par le GIiec sur le réchauffement climatique ?

Brune Poirson : Cette conclusion, elle est marquante, elle est frappante, elle est presque désespérante mais je crois qu'il faut veiller absolument à ne pas baisser les bras. On peut encore faire beaucoup. Plus que jamais, c'est maintenant qu'il faut agir. Nous lançons un appel à l'action qui a commencé sous l'impulsion de la France. Aujourd'hui nos façons de produire et de consommer nous emmènent droit dans le mur. On veut transformer l'économie. On ne peut plus fonctionner avec une économie qui ne cesse d'extraire toujours plus de ressources naturelles, pour produire des produits dont on n'a pas vraiment besoin. Derrière cela il y a un impératif moral, c'est pour cela que notre gouvernement est attaché à accélérer le changement de modèle, c'est ce qu'Emmanuel Macron a dit à New York devant un parterre de chefs d'Etat.

Emmanuel Macron a lancé le slogan, "Make our planet great again", mais les associations demandent à ce qu'on passe des mots aux actes. Que répondez-vous ?

Je trouve que les associations, c'est très bien. Elles font leur travail et doivent continuer toujours à demander plus sans relâche car on ne sera jamais assez exigeants en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Concernant les actes, c'est tout l'objet de ce que nous faisons au gouvernement, ou avec l'appel d'Emmanuel Macron en 2017, quand [Donald] Trump a quitté l'accord de Paris avec le One Planet Summit au moment où tous ceux qui voulaient agir sont venus en France pour prendre des engagements concrets et lancer des projets. Il faut faire en sorte que l'argent qui est investi dans des centrales à charbon le soit plutôt dans des centrales solaires. En France on est moteurs sur la transparence sur le risque climatique qui permet d'orienter les investissements privés vers des projets plus respectueux de la planète. On développe l'économie circulaire en transformant la finance et en promouvant cela au niveau européen mais aussi au niveau global.

Les émissions de CO2 de la France sont en hausse depuis 2015, comment concrètement faut-il agir pour les faire baisser ?

Les émissions sont en hausse mais ce n'est pas nous qui étions aux manettes. Nous avons mis en place beaucoup de politiques concrètes qui portent leurs effets par exemple, la prime à la conversion. Chaque Français, s’il souhaite changer de véhicule pour un autre moins polluant, nous les encourageons à faire cela parce le diesel est extrêmement polluant, parce que les émissions de CO2 tuent de façon prématurée 50 000 personnes en France. Cette prime représente 1 000 euros, jusqu'à 2 000 euros pour les foyers les plus modestes. Nous avions prévu qu'il y ait 100 000 transactions en une année, il y en a eu jusqu'à 250 000. C'est une mesure qui a des effets concrets et qui rencontre beaucoup de succès auprès des Français. Il y a aussi le chèque-énergie qui passe de 150 à 200 euros et dont vont bénéficier 4 000 Français.

Vous êtes à nouveau en ligne