"Nous produisons dix fois plus d'énergie que nous en consommons" : Ii, la ville finlandaise qui veut donner l'exemple aux Européens

Le panneau d’entrée à Ii avec ses ambitions en matière d’émission de gaz à effet de serre.
Le panneau d’entrée à Ii avec ses ambitions en matière d’émission de gaz à effet de serre. (MARIE-PIERRE VEROT/ RADIO FRANCE)

Alors que la Finlande prend ce lundi la présidence de l'Union européenne, Ii, une petite ville des bords de la mer Baltique, illustre les amibitions du pays en matière d'énergies renouvelables et d'économie durable. 

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Petite bourgade de 10 000 habitants située à quelque 600 kilomètres au nord d'Helsinki, Ii est la première ville de Finlande à avoir divisé par deux ses émissions de gaz à effet de serre. Ambitieuse, la ville vise une réduction de 80% l'année prochaine et malgré ses -30° en hiver, Ii se chauffe et s’éclaire déjà entièrement grâce aux énergies renouvelables.

"Dans les couloirs nous avons des lumières intelligentes qui s’allument lorsque les gens passent. Nous avons ainsi réussi à économiser 90% des coûts", explique Leena Vuotovesi, directrice générale de Micropolis, l'organisme municipal chargé de diffuser les bonnes pratiques auprès des particuliers et des entreprises. 

À Ii, grâce aux énergies renouvelables, la ville produit dix fois plus d'énergie qu’elle n'en consomme. "Nous sommes en excédent énergétique, poursuit Leena, et nous vendons cette énergie aux autres villes de la région. Nous utilisons l'énergie solaire, éolienne et hydraulique. Nous explorons aussi de nouvelles voies pour stocker ces énergies. Nos véhicules électriques sont remplis de soleil et de vent, c'est magnifique !"

Les écoliers sensibilisés aux économies d'énergie

Dans la ville, le tri est bien sûr entré dans les mœurs et les écoles, toutes équipées de panneaux solaires, sont auto-suffisantes.

Les écoliers, chargés de veiller sur la consommation d'énergie dans leurs classes, mesurent la température, règlent les thermostats, contrôlent l’utilisation de l’eau et de l’électricité. Ils récupèrent même la moitié des économies faites sur les factures d’eau, de chauffage et de lumière. De l'argent qu’ils utilisent ensuite à leur guise pour acheter des équipements ou faire des voyages. Les citoyens comprennent ainsi, dès leur plus jeune âge, que les politiques vertes, ça rapporte. 

Ari Alatossava, maire de Ii, sur l’un des barrages hydroélectriques.
Ari Alatossava, maire de Ii, sur l’un des barrages hydroélectriques. (MARIE-PIERRE VEROT/ RADIO FRANCE)

Des retombées économiques dont bénéficient la ville et ses habitants, explique le maire, Ari Alatossava. "Deux millions et demi d’euros rentrent chaque année dans le budget. Les impôts ont pu être réduits, plus d’une centaine d’emplois créés grâce à l’économie circulaire et aux énergies renouvelables."

Objectif zéro déchet en 2050

Avec pour objectif de devenir la première ville "zéro déchet" au monde en 2050, Ii illustre les ambitions vertes du pays. "En ce qui concerne l'énergie, la route est dégagée, précise le maire, mais pour parvenir à zéro déchet, ce n'est pas si clair car cela concerne la production. Par exemple, les emballages alimentaires sont fabriqués au niveau national ou international et ça, nous ne pouvons pas le changer. Nous ajoutons donc des indicateurs de durabilité."

Ari Alatossava insiste sur l'importance de changer progressivement les modes de production et les mentalités. "La fin des énergies fossiles, conclut le maire, si on peut le faire dans une petite ville proche de l’Arctique sans grandes ressources et que cela nous apporte autant, plus personne n’a d’excuse. C'est une question de volonté."

Une volonté que la Finlande entend porter pendant les six mois de sa présidence de l’Union européenne, elle qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2035. Alors que les 28 pays de l’UE se déchirent sur les réductions des émissions nettes pour 2050 afin de respecter l’accord de Paris, la petite ville de Ii fait figure d’exemple.

Le reportage en Finlande de Marie-Pierre Vérot
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