Le mois de mai 2016 est-il le plus pourri qu'on ait connu ?

Dans certaines régions, il est tombé 60% de précipitations en plus, en mai 2016 par rapport à la moyenne des années précédentes. 
Dans certaines régions, il est tombé 60% de précipitations en plus, en mai 2016 par rapport à la moyenne des années précédentes.  (NOOR KHAMIS / REUTERS)

Grisaille, pluie en continu, et même grêle, ce mois ne nous aura pas gâtés avec notamment 26 départements de la moitié nord placés, lundi, en vigilance orange pour des risques de fortes pluies.

Pas de répit sur le front de la météo. Lundi 30 mai, 26 départements ont été placés en alerte orange pour fortes pluies. Tous les matchs de la journée ont même dû être reportés à Roland-Garros. Une journée pluvieuse qui intervient après un week-end particulièrement exécrable, marqué par des inondations en Bourgogne et des orages de grêle notamment en Poitou-Charentes... Certains ne reconnaissent plus ce mois de mai pourtant si prometteur et souvent synonyme de pique-niques et sorties ensoleillées.

Pour savoir si ces précipitations sont réellement exceptionnelles, francetv info a interrogé deux spécialistes météo.

Ce mois est-il particulièrement pluvieux, par rapport aux années précédentes ? 

Toutes les données concernant les précipitations du mois de mai ne sont pas encore disponibles, mais il est déjà possible d'en faire une estimation. A l'échelle nationale, "malgré un ensoleillement légèrement déficitaire, les précipitations ne sont finalement supérieures que de 10% aux normales saisonnières", explique Olivier Proust, de Météo France.

Certaines zones, comme la Bretagne ou le Sud-Est, ont même été épargnées. Dans ces deux régions, il n'est tombé que la moitié des précipitations moyennes observées généralement en mai. Ce mois n'est donc pas exceptionnellement pluvieux.  

Pourquoi a-t-on alors l'impression d'avoir un mois de mai aussi pourri ? 

Si les moyennes nationales n'ont rien d'exceptionnel, il faut noter des disparités entre les régions. Certaines ont ainsi atteint des records. C'est le cas des Hauts-de-France et de l'Ile-de-France. A Beauvais (Oise), par exemple, on a déjà dépassé la barre record des 122 mm de mai 1982, avec 140 mm de pluie tombés du 1er au 30 mai, indique le spécialiste de Météo France. 

Dans ces zones, les précipitations ont été excédentaires : il est tombé, en moyenne, 60% de pluie en plus que les années précédentes.

Et ce n'est pas fini. En tenant compte des deux derniers jours du mois de mai, qui s'annoncent particulièrement humides, le taux pourrait grimper à deux fois plus que les normales saisonnières à certains endroits. 

Du coup, pas de sécheresse à prévoir cet été ? 

Selon Ludovic Lagrange, prévisionniste de MétéoGroup pour France Télévisions, il n'est pas possible d'établir des prévisions saisonnières en fonction de la météo du mois de mai. Ces calculs sont établis à partir de l'état des sols et des tendances climatiques européennes, et non pas sur la base des précipitations des mois antérieurs. En clair : il n'y a pas de corrélation entre la météo de mai et celle de juillet. 

Surtout, rappelle le spécialiste, il ne faut pas oublier que nous sommes encore au printemps, "une période inter-saison pendant laquelle la variabilité climatique est naturelle". D'ailleurs, ajoute Olivier Proust, "mai est considéré dans de nombreux départements comme étant le mois le plus pluvieux de l'année"