La récente canicule en Sibérie "presque impossible" sans le changement climatique, avertissent des chercheurs

Un incendie dans la République de Sakha (Yakoutie), dans la partie nord-est de la Sibérie, en Russie, le 7 juillet 2020 
Un incendie dans la République de Sakha (Yakoutie), dans la partie nord-est de la Sibérie, en Russie, le 7 juillet 2020  (MAXPPP)

Pour cette vague de chaleur subie par une large partie de la Sibérie de janvier à juin, les scientifiques ont rarement été aussi certains de l'influence de l'Homme.

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Leur constat est sans appel. Dans une étude publiée mercredi 15 juillet (en anglais), des chercheurs du World Weather Attribution, qui regroupe des experts de divers instituts de recherche dont Météo France, la chaleur qui a frappé la Sibérie n'aurait "presque" eu aucune chance d'avoir lieu sans le changement climatique. 

Le World Weather Attribution s'est fait une spécialité d'analyser le lien possible entre un événement météo extrême précis et le réchauffement, calculant dans des délais très courts la probabilité qu'il se soit produit même sans le dérèglement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre. Et là, pour cette vague de chaleur subie par une large partie de la Sibérie de janvier à juin, propice à la recrudescence des incendies, les scientifiques ont rarement été aussi certains de l'influence de l'Homme.

"Presque impossible sans l'influence humaine"

"Il était au moins 600 fois plus probable que les températures régionales enregistrées sur les six mois de janvier à juin 2020 se produisent en raison de l'impact du changement climatique provoqué par l'Homme", a expliqué Andrew Ciavarella, principal auteur de cette étude qui n'est pas publiée dans une revue scientifique à comité de lecture mais utilise une méthode validée.

Des températures 5°C au-dessus de la normale depuis janvier, un pic à 38°C au-delà du cercle arctique... "Ça aurait été presque impossible sans l'influence humaine", a insisté le chercheur du Met Office britannique.

"Ces résultats sont parmi les plus frappants produits par une étude d'attribution", a de son côté déclaré Sarah Kew, de l'Institut royal météorologique néerlandais (KMNI). Alors ils envoient un "message fort" : "Il nous reste peu de temps pour stabiliser le climat aux niveaux prévus par l'Accord de Paris", a-t-elle insisté.

Les signataires de l'accord se sont engagés en 2015 à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Mais pour atteindre l'objectif idéal, il faudrait réduire les émissions de CO2 de 7,6% par an chaque année entre 2020 et 2030.

Un réchauffement de l'Arctique beaucoup plus rapide que le reste de la planète

Sans le réchauffement, l'épisode sibérien des six derniers mois se produirait seulement moins d'une fois tous les 80 000 ans. Même avec le changement climatique actuel - et un réchauffement de l'Arctique beaucoup plus rapide que le reste de la planète - , cet épisode de chaleur prolongée est "exceptionnel", avec une chance de revenir tous les 130 ans.

"Mais sans réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre, ils risquent de devenir plus fréquents d'ici la fin du siècle", a mis en garde Sarah Kew. Plus fréquents, mais aussi plus intenses. Ainsi, la vague de chaleur aurait été au moins 2°C moins chaude si elle s'était produite en 1900 et non aujourd'hui. "Voire probablement 3°C, soit trois fois le rythme du réchauffement planétaire", a noté Andrew Ciavarella. Et ce réchauffement pourrait encore s'accentuer entre 0,5 et 5°C d'ici à 30 ans.

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