Les banques françaises pointées du doigt par Oxfam pour leur politiques énergétiques "insuffisantes"

L\'ONG Oxfam a passé au crible les principales banques françaises.
L'ONG Oxfam a passé au crible les principales banques françaises. (ALBERTO PEZZALI / NURPHOTO / AFP)

Dans un rapport publié mercredi 5 juin, l'ONG a évalué les engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance de huit banques françaises. 

Les banques françaises (presque) toutes recalées. L'ONG Oxfam a passé au crible les engagements environnementaux, sociaux et de gouvernance, pris par les grands établissements français. Et les résultats ne sont pas bons. Rédigé en partenariat avec Fair Finance France, le rapport, publié mercredi 5 juin et que franceinfo a pu consulter, regrette que les banques ne prennent pas "des mesures fortes dès aujourd'hui", face à "l'urgence climatique" et en appelle à la régulation par gouvernement. 

Six grandes banques n'atteignent pas la moyenne

Le Crédit Mutuel, la BPCE, le Crédit Agricole, la Société Générale, la BNP Paris n'obtiennent pas une note supérieure à 3,5/10. Seule la Banque Postale (4,4/10) se hisse au-dessus de la barre, pour son engagement à financer des projets énergétiques "exclusivement orientés vers des projets de développement des énergies renouvelables et à exclure le soutien aux énergies fossiles." Néanmoins, l'établissement "continue à investir dans des actions ou obligations d’entreprises exposées aux activités fossiles".

Dans son étude, l'ONG Oxfam cible les établissements bancaires qui n'ont pas mis en application des politiques spécifiques pour tenir les engagements climatiques imposés par l'accord de Paris. Le rapport pointe régulièrement l'absence de plans de sortie des énergies fossiles. Avec 1,9/10, le Crédit Mutuel obtient la note la plus basse du panel. "La banque a annoncé la fin de ses financements de projets aux mines et centrales à charbon, mais n’a restreint qu’une partie de ses soutiens aux entreprises opérant dans ce secteur", dénonce Oxfam. Globalement, "même si l'ensemble des banques ont annoncé la fin de leurs financements aux projets de mines et centrales à charbon, elles continuent de soutenir certaines entreprises opérant dans ce secteur", épingle l'association.

Deux bons élèves : deux coopératives

Obtenant la note maximale de 10/10, la NEF, une coopérative qui regroupe 37 000 sociétaires et qui finance des projets ayant une utilité "sociale, écologique et/ou culturelle", surclasse les autres banques. Oxfam salue des financements à "impacts neutres et positifs, notamment autour des énergies renouvelables et de l’agriculture biologique".

Le Crédit Coopératif (7,4/10) obtient la deuxième place du classement. Si elle a renoncé à financer les énergies fossiles, la banque ne publie pas ses émissions de gaz à effet de serre et "n’a pas pris d’engagement visant à les réduire" dénonce Oxfam. 

Des engagements insuffisants pour respecter l'accord de Paris 

C'est le message principal du rapport d'Oxfam : sans régulation de la part du gouvernement, les grandes banques ne changeront pas suffisamment leurs engagements pour limiter durablement leurs impacts sur le climat. "Les banques connaissent leur responsabilité dans la crise climatique. Il est temps qu'elles arrêtent de se cacher derrière des mesures d'autorégulation et de la communication faussement volontariste" déplore Alexandre Poidatz, chargé de la régulation du secteur financier chez Oxfam France. "L'Etat a l'opportunité cette rentrée de présenter un projet de loi visant à réorienter les flux des acteurs financiers vers la transition.

Le rapport pointe aussi l'absence de limitation du soutien des banques aux énergies fossiles, dont le gaz et le pétrole, ce qui complique la tenue des objectifs internationaux en matière climatique. Oxfam demande notamment au gouvernement de contraindre les banques à publier immédiatement un plan de sortie des énergies fossiles. Parmi les mesures demandées : la fin du soutien aux nouvelles centrales à charbon, l'adoption d'un plan de désengagement progressif du charbon avant 2030, un plan de stabilisation puis de diminution des capacités dans les secteurs pétrolier et gazier.

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