COP21 : Hollande précise sa vision de la lutte contre le réchauffement climatique

Le président François Hollande à l\'Elysée, le 23 novembre 2015, après un entretien avec le Premier ministre David Cameron sur une large coalition anti-Etat islamique.
Le président François Hollande à l'Elysée, le 23 novembre 2015, après un entretien avec le Premier ministre David Cameron sur une large coalition anti-Etat islamique. (CITIZENSIDE/FRANCOIS PAULETTO / AFP)

Le président de la République a accordé, mardi, un entretien à "L'Express" sur la grande conférence climat qui va réunir 140 pays début décembre à Paris.

Quand les agendas se télescopent... Le président de la République, François Hollande, entendait faire de la COP21, la grande conférence sur le climat qui se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre, un des enjeux majeurs du quinquennat.

Mais les attentats du vendredi 13 novembre à Paris ont changé la donne, risquant de rendre inaudible le message climatique. Après une "folle semaine" et "entre deux réunions de crise", le président de la République a néanmoins répondu aux questions de L'Express dans son édition du 25 novembre. Francetv info a sélectionné les moments forts de cette interview.

Une planète préservée pour "nos enfants"

Malgré les attentats, François Hollande insiste sur sa volonté de "maintenir" la COP21, "le rendez-vous qu'a le monde avec lui-même". Avant d'ajouter : "Ces circonstances tragiques donnent un sens encore plus décisif à cette conférence. Jamais Paris n'aura accueilli tant de chefs d'Etat et de gouvernements [140 ont confirmé leur présence]. Jamais l'enjeu n'aura été plus élevé. Jamais l'obligation d'agir n'a été si grande."

"Nous devons à nos enfants plus qu'un monde libéré du terrorisme, estime-t-il. Nous devons préserver la ­planète de nos propres errements et construire un avenir d'espérance et de progrès."

Des initiatives maintenues dans des lieux "sécurisés"

L'état d'urgence instauré en France depuis les attentats aura-t-il un impact sur le sommet ? Le chef de l'Etat confirme que "les manifestations prévues ne pourront pas, dans le contexte que nous connaissons depuis le 13 novembre, être confirmées".  

Il suppose que les ONG ont "compris" cette interdiction. "Leur engagement est intact, il sera même sans doute plus fort encore, comme en témoigne l'extraordinaire diversité des initiatives prévues à l'agenda des solutions. De nombreux événements auront néanmoins lieu en Ile-de-France, dans des lieux fermés et sécurisés", assure François Hollande.

Des objectifs "contraignants"

François Hollande profite aussi de cette interview pour répondre à John Kerry. Le secrétaire d'Etat américain avait déclaré, mercredi 11 novembre, qu'un accord sur le climat à la COP21 ne serait "certainement pas un traité. (...) Il n'y aura pas d'objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas" pour le protocole de Kyoto de 1997, que les Etats-Unis avaient d'ailleurs refusé de ratifier.

Si la France s'était déjà insurgée contre cette position, le chef d'Etat a tenu à enfoncer le clou : "A la COP21, il ne suffira pas de prononcer de bonnes paroles, il faudra aussi s'engager sur des objectifs contraignants. Or, je sais que des règles institutionnelles peuvent empêcher certains gouvernements de signer des traités dès lors qu'ils doivent en référer à leur Parlement."

Des biotechnologies encadrées

Au risque de heurter certaines associations écologistes, le président ne ferme pas la porte à des manipulations génétiques pour s'adapter au réchauffement climatique. "Se pose enfin la question des biotechnologies, qui pourraient contribuer à lutter contre le réchauffement climatique, avance François Hollande. C'est-à-dire aider la nature à s'adapter aux prédations de l'homme. Nous ne pouvons écarter cette hypothèse, mais nous devons l'encadrer avec le concours des scientifiques pour proscrire certaines manipulations." 

Un prix du carbone élevé au niveau mondial

François Hollande se prononce aussi pour un prix mondial "élevé" du carbone. Objectif : lutter contre les gaz à effet de serre. "Le but est de fixer progressivement, au niveau mondial, un prix du carbone, et à un niveau suffisamment élevé pour encourager de meilleurs comportements", explique-t-il.

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