Climat : accord international sur l'élimination des hydrofluorocarbures, de puissants gaz à effet de serre

Le secrétaire d\'Etat américain, John Kerry, prononce un discours, lors d\'un sommet des Etats signataires du Protocole de Montréal, à Kigali (Rwanda), le 14 octobre 2016.
Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, prononce un discours, lors d'un sommet des Etats signataires du Protocole de Montréal, à Kigali (Rwanda), le 14 octobre 2016. (CYRIL NDEGEYA / AFP)

En votant un amendement au protocole de Montréal, quelque 200 Etats s'engagent à éliminer les nocifs HFC, que l'on retrouve notamment dans les réfrigérateurs et les climatiseurs, d'ici à 2050.

Un grand pas dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Les représentants de près de 200 pays ont adopté, samedi 15 octobre, à Kigali (Rwanda) un accord sur l'élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC), des gaz utilisés notamment dans les réfrigérateurs et les climatiseurs, et qui sont extrêmement nocifs pour le climat.

Que sont les HFC ?

Les hydrofluorocarbures sont présents dans les réfrigérateurs et les climatiseurs, mais aussi dans certains aérosols et mousses isolantes. Ce sont de redoutables gaz à effet de serre (GES), ceux dont les émissions augmentent le plus vite, à un rythme de 10-15% par an. La contribution de ces gaz industriels à l'effet de serre peut être 10 000 fois plus puissante que le dioxyde de carbone.

Ils sont utilisés depuis le début des années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), principaux responsables de la destruction de la couche d'ozone, bannis par le Protocole de Montréal en 1987. Mais s'ils sont moins nuisibles pour l'ozone, ils se sont tout de même révélés désastreux pour le climat. D'où l'idée, lancée en 2009, d'un amendement au Protocole de Montréal pour leur suppression. Les HFC apparaissent d'ailleurs dans la liste des principaux gaz à effet de serre, inscrite dans le Protocole de Kyoto.

Que prévoit cet accord ?

L'accord prévoit un calendrier en vue d'une élimination progressive de la production et de la consommation de HFC, question particulièrement épineuse pour les pays en voie de développement. Selon ce calendrier, les Etats riches sont appelés à agir plus tôt et plus rapidement que les pauvres.

Les pays dits "développés" devront réduire leur production et consommation de HFC de 10% d'ici à 2019 par rapport aux niveaux de 2011-2013, ce chiffre devant passer à 85% d'ici à 2036. Un deuxième groupe de pays "en voie de développement", dont la Chine et les pays africains, se sont engagés à entamer la transition en 2024. Une réduction de 10% par rapport aux niveaux de 2020-2022 devra être atteinte pour 2029, cette réduction devant atteindre 80% d'ici à 2045.

Un troisième groupe de pays "en voie de développement" incluant l'Inde, le Pakistan, l'Iran, l'Irak et les pays du Golfe se sont, quant à eux engagés, à commencer le gel en 2028, une diminution de 10% par rapport à la période 2024-2026 devant être atteinte pour 2032, puis de 85% pour 2047.

Pourquoi est-ce important ?

Leur nocivité étant nettement plus forte que celle du CO2, l'élimination des HFC est "un des leviers d’atténuation du changement climatique les plus rapides, disponible à moyen terme", explique Le Monde

Avec le pacte de Paris, la communauté internationale s'est engagée à agir pour contenir la hausse de la température dans le monde "bien en deçà de 2°C" par rapport au niveau préindustriel et à "poursuivre les efforts" pour la limiter à 1,5°C. Or, l'élimination des HFC pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d'ici à 2100, selon une étude publiée en 2015 par l'Institute for Governance and Sustainable Development (en anglais). A l'horizon 2030, elle permettrait d'éviter jusqu'à 1,7 gigatonne d'équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon.

"L'année passée à Paris (lors de la COP21), nous avions promis de protéger le monde des pires effets du changement climatique, a réagi le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement. Aujourd'hui, nous honorons cette promesse."

Pour l'Agence américaine pour la protection de l'Environnement aussi, l'accord est "historique" : "Nous nous souviendrons de ce jour comme un des plus importants dans nos efforts pour sauver la seule planète dont nous disposons."

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