"On a besoin d'une ville respirable, ombragée, désimperméabilisée" : la métropole de Lyon en guerre contre la surbétonisation

Le quartier de La Part-Dieu à Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes).
Le quartier de La Part-Dieu à Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes). (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

En vingt ans, les températures dans la vallée du Rhône n'ont cessé de croître. Et vendredi encore, des records de chaleur devraient être battus à Lyon. Pour lutter contre le phénomène, la ville et la métropole œuvrent à revégétaliser la ville.

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Plusieurs tours de bureaux d'affaires en construction, des ouvriers sous un soleil de plomb, Mathis et son collègue parlent chaleur lors de leur pause déjeuner en terrasse : "On est dans les travaux et on est en train de se poser la question pour nos ouvriers. Nous-mêmes, on commence à souffrir de la chaleur."

La vallée du Rhône a effectivement été placée en vigilance orange vendredi 31 juillet pour canicule par Météo France qui redoute un épisode prolongé avec une tendance orageuse. Lyon pourrait bien battre son record de température, 40,5° à l’ombre.

Lyon est la grande ville française (+100 000 habitants) où la température a le plus augmenté depuis l'an 2000, selon une étude récente (2018) du réseau européen de datajournalisme.

La surbétonisation en cause

C'est paradoxalement depuis le quartier minéral de La Part-Dieu, symbole du dynamisme économique de la ville, que Béatrice Vessiller veut rafraîchir Lyon. "On a besoin d'une ville respirable, ombragée, désimperméabilisée", explique la toute nouvelle vice-présidente du Grand Lyon en charge de l'urbanisme. Béatrice Vessiller, et les écologistes ont pour objectif de végétaliser la métropole : "Quand vous passez dans un parc, on a tout de suite la sensation d'un mieux-être par rapport à la rue bitumée", plaide-t-elle. Et ce ne sont pas les salariés du quartier qui vont la contredire. 

Il y a un manque de petits squares qui pourraient être des espaces publics un peu plus verts, avec de l'herbe.Coline, une salariée qui travaille dans le quartier de La Part-Dieu à Lyonà franceinfo

"C'est très minéral comme quartier. On est content d'avoir les bureaux climatisés, même si c'est une horreur climatique", convient Jérémie, un collègue de Coline.

Une alliance du public et du privé nécessaire

Béatrice Vessiller veut inciter les entreprises existantes à des rénovations énergétiques, "des bureaux moins vitrés, avec des occultations qui permettent de faire de l'ombre dans la pièce au lieu d'avoir le soleil en pleine vitre". Dans l'espace public, végétaliser est relativement simple : on plante des arbres. Mais dans les espaces privés, cela reste un challenge. Béatrice Vessiller parle d'"’incitation financière. Et puis, on construira aussi avec eux cette politique. C'est important que sur ce sujet-là, on travaille conjointement avec un certain nombre d'acteurs privés"

On ne pourra pas seuls abaisser la température dans la métropole de Lyon.Béatrice Vessiller, vice-présidente du Grand Lyonà franceinfo

"Une nouvelle ère"

Des mesures à moyen et long terme, mais avec des pics de températures régulièrement franchi, Lyon a d’urgence besoin de fraîcheur. Le nouveau maire Grégory Doucet a déjà pris des mesures. "Il y a plusieurs parcs qu'on ouvre dès 6 heures et demie du matin. On va rouvrir les fontaines, qui avaient été fermées pendant le confinement, les fontaines publiques", annonce l'élu qui précise qu'"il y en a 48 sur la ville".

La ville a prévu de végétaliser les cours d'école et devrait donc participer avec la métropole à déminéraliser Lyon pour la rendre plus agréable. "C'est une nouvelle ère qui s'ouvre, avait promis jeudi 30 juillet sur franceinfo, le président de la métropole de Lyon Bruno Bernard. Naturellement il va nous falloir plusieurs années pour transformer notre territoire et rendre nos villes plus résilientes pour ces périodes de canicule".

Comment le Grand Lyon entend lutter contre la chaleur ? Le reportage d'Alexandre Berthaud.
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