INFOGRAPHIE. L'été, une saison tout aussi meurtrière pour les SDF

Un sans-abri se désaltère à Lyon (Rhône), le 30 juin 2015.
Un sans-abri se désaltère à Lyon (Rhône), le 30 juin 2015. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Contrairement aux idées reçues, l'hiver n'est pas forcément la saison la plus dangereuse pour les sans-abri. 

Les SDF font partie des personnes les plus exposées aux fortes chaleurs. Avec la canicule, se pose la question d'une éventuelle surmortalité au sein de cette population déjà très fragile. Même lors d'un été "normal", le nombre de SDF qui meurent est presque aussi élevé qu'à n'importe quel autre moment de l'année, selon le collectif Les Morts de la rue. 

En 2014, au moins 480 personnes sans domicile fixe sont mortes dans la rue, d'après les informations récoltées par cette association. L'an dernier, le mois d'octobre a été le plus meurtrier, avec 52 décès. L'été a aussi fait des ravages. Au moins 118 personnes sont mortes entre juillet et septembre. C'est plus qu'en hiver, où 113 personnes ont péri, entre janvier et mars.

"Une population très vulnérable, tout au long de l'année"

Si l'on observe si peu de variations entre saisons, c'est parce que les principales causes de décès ne sont pas liées au climat. Selon ce rapport du collectif (PDF, p. 54), qui porte sur l'année 2013, ce sont les violences (accidents, suicides, meurtres) qui représentent la première cause de décès, suivies des cancers et des maladies de l'appareil circulatoire. Ces personnes meurent prématurément, à 49 ans en moyenne.

"Ce n'est pas tant le chaud ou le froid, ni même la prise en charge dans des centres spécialisés, qui explique la mortalité des sans-abri, explique Carole Rocca, coordinatrice du collectif. Vivre dans la rue rend très vulnérable." Selon elle, les pics de mortalité liés à des maladies, comme la grippe, ou à la canicule suivent chez les SDF la même progression que dans le reste de la population. "On ne peut pas lutter contre le chaud et le froid. En revanche, on peut lutter contre le fait qu'il y ait des gens contraints de vivre dans la rue."  

Vivre dans la rue présente néanmoins des aspects particulièrement rudes en cas de forte chaleur. Pour venir en aide aux SDF, deux associations, Médecins du monde et Banlieue Plus, ont décidé d'organiser des maraudes de jour, en Ile-de-France. "Avec la vague de chaleur qui est insupportable, ils sont fatigués", constate Saliha Cherouani, de l'association Banlieue Plus, interrogée par France 2. 

 

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