Canicule : "Si chacun met une assiette sur son balcon avec de l'eau", cela peut sauver des milliers d'animaux

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photo d'illustration (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

La canicule menace surtout les jeunes animaux, d'après le président de Faune Alfort interrogé sur franceinfo. 

"Si chacun met une assiette sur son balcon avec de l'eau," cela peut sauver des milliers d'animaux, estime lundi 24 juin sur franceinfo le professeur Jean-François Courreau, président de Faune Alfort, l'association liée au centre d'accueil de la faune sauvage de l'école vétérinaire d'Alfort, alors que l'alerte canicule niveau "orange" est déclenchée dans 53 départements. 

franceinfo : Vous abordez cette semaine de canicule avec de l'inquiétude ?

Jean-François Courreau : Tous les ans maintenant, on a l'habitude de ces fortes chaleurs, mais là, ça risque d'être un épisode particulièrement gravissime. On est très inquiets, dans tous les centres Faune Alfort de France. Les animaux vont souffrir, on va recueillir beaucoup d'animaux déshydratés, comme les humains. Mais ce que nous craignons aussi, c'est une aggravation chez les animaux blessés et parasités. Leurs blessures vont s'accentuer, le manque d'eau va affaiblir les organismes.

Quelles sont les espèces les plus vulnérables à ces fortes chaleurs ?

Globalement, les jeunes animaux. Ce qui est inquiétant avec cette canicule précoce, c'est qu'il y a encore beaucoup de jeunes qui dépendent de leurs parents : les jeunes oiseaux, mais aussi des mammifères comme les hérissons. Il y a encore beaucoup de hérissons dépendants de leur mère, or si celle-ci manque d'eau, il y a un risque de tarissement du lait, et donc de mort de ces jeunes. On pense aussi beaucoup au martinet, cet oiseau qui ressemble aux hirondelles et qui niche sous les toits. Les nids deviennent des fournaises en un ou deux jours et les jeunes, pour sauver leurs vies sautent dans le vide. Nous allons les ramasser aux centres de soin par milliers.

Quelles dispositions allez-vous prendre ?

C'est un peu comme dans les centres d'urgence pour les humains : on va faire comme d'habitude, sauf qu'il y aura plus d'affluence. Donc il faudra mobiliser plus de monde, et ouvrir un plus grand nombre d'heures par jour. La priorité, quand les animaux arrivent déshydratés, c'est de faire une réhydratation, en intraveineuse ou par perfusion pour les cas les plus difficiles. Dans tous les cas, il faut mettre de l'eau à disposition des animaux. D'ailleurs, tout le monde peut donner un coup de main : si chacun met une assiette ou un dessous de pot de fleurs sur son balcon avec de l'eau, ce sont des milliers de points d'eau temporaires qui vont émerger et autant d'animaux sauvés. Ces points d'eau temporaires sont cruciaux pour la faune sauvage.

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