La Cimade affirme que "de nombreux médecins se livrent à un racket" auprès des migrants

L\'entrée de l\'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, le 31 juillet 2014.
L'entrée de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, le 31 juillet 2014. (IMAGE POINT FR / BSIP / AFP)

Cette association, qui aide les étrangers à faire reconnaître leurs droits, assure que des médecins se font payer pour délivrer des certificats médicaux en vue d'un titre séjour.

La Cimade affirme dans Le Parisien, lundi 16 mai, que "de nombreux médecins se livrent à un racket" auprès des migrants. L'association, qui aide les étrangers à faire reconnaître leurs droits, assure que des praticiens se font payer pour délivrer des certificats médicaux en vue d'un titre séjour.

"[Ces médecins] exigent le paiement de plusieurs centaines d'euros pour établir des certificats médicaux selon lesquels leur pathologie peut ouvrir droit à une demande de titre de séjour sur le territoire national", explique Laura Petersell, chargée de la thématique santé à la Cimade.

Un médecin suspendu à Paris

Un médecin de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, est notamment suspecté d'avoir délivré des certificats médicaux à des migrants contre de l'argent. Il a été suspendu, mardi 10 mai. La direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a précisé qu'une enquête interne "laisse supposer que d'autres patients dans des situations comparables auraient également été amenés à effectuer de tels versements", sans préciser le nombre de personnes concernées.

"Normalement, les migrants, qui sont pris en charge par l'Aide médicale d'Etat ou la Couverture maladie universelle, n'ont pas à avancer d'argent aux médecins, car la consultation est prise en charge par l'assurance-maladie, rappelle Laura Petersell. Ces précaires n'ont pas non plus à payer des dépassements d'honoraires ! Or nous avons recensé de nombreux témoignages sur ce sujet."

L'association indique avoir signalé par écrit "ces entorses à la déontologie" au ministère de la Santé. Ce dernier a confirmé que "des demandes d'honoraires de la part des médecins sont indues". La Cimade "attend des réponses fortes" de la part du ministère.

Vous êtes à nouveau en ligne