Invité : Costa-Gavras, parrain de la semaine du cinéma européen sur France Télévisions

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Notre invité est arrivé en France à l'âge de 19 ans quittant la Grèce et sa dictature. Il ne parlait presque pas français. Il a trouvé pour voie un cinéma politique, efficace et dérangeant. Il est le parrain de la semaine du cinéma européen que vous allez pouvoir vivre sur les chaînes du Groupe France Télévisions. Et il garde un oeil vigilant sur l'actualité. Bonsoir Costa-Gavras. Merci d'être avec nous. A votre arrivée en France, a 19 ans, vous parliez un français scolaire Avez-vous le sentiment d'être devenu français. Costa-Gavras : Est-ce que vous me senytez français. Laurent Delahousse : Moi oui, et même européen. Pour les immigrés, c'est cette question qui est importante. C'est le regard de l'autre. LD : C'est quoi être Français. Costa-Gavras : Français, c'est appartenir à cette nation. Et vivre et travailler pour le pays. LD : Européen, est-ce que cela a une signification pour vous. Costa-Gavras : Européen, c'est une union après de nombreux massacres. L. Delahousse : Votre regard sur deux images de l'actualité. Vous avez avec "Z" en 1969 réalisé le premier polar politique avec CGÎ assassinat. Je vais vous montrer une image, qui date de 1963, qui vous est familière. L'Amérique se souvient 50 ans après de l'attentat de Dallas. L'assassinat de Kennedy, c'est un scénario digne de vous. Costa-Gavras : On n'osait pas omaginer ce genre de scénario! Quand on voit le fim d'0. Stone, on penche pour le complot. Je suis plutôt pour le complot. Laurent Delahousse : Les Français sont parfois versatiles. C'est français d'adorer et de détester. Costa-Gavras : C'est le football! J'ai vu ce match avec mes petits-ils, pils planaient. L. Delahousse : Le foot c'est l'opium du peuple. Et vous, votre opium quel est-il. Costa-Gavras : Je n'aime pas le mot opium, mais le mot émotion. Avant de parler de l'actualité, de vous et du cinéma d'aujourd'hui. Quand dans les années 60, il fait ses premiers pas de réalisateur, ce jeune homme-là n'oublie pas qu'il est avant tout un citoyen soucieux des choses du monde. Costa-Gavras signe son premier succès, un thriller politique. en 1969 et Yves Montand dans le rôle d'un opposant assassiné par la police, un meurtre maquillé en accident par le pouvoir en place. Z incarne alors tous ces hommes qui un jour se sont insurgés. L'assassinat de Z, c'est l'assassinat de Trotski, celui de Lumumba, de Kennedy, de Luther King. Avec L'Aveu, Costa-Gavras dénonce la torture en transposant au cinéma le calvaire d'Arthur London, bafoué, torturé dans les années 50 par la police secrète de Tchécoslovaquie. ils vont me faire disparaître comme Wagner à Moscou. Ils m'ont retiré la carte du parti, ils disent que je suis trotskiste. On dira que je me suis suicidé. La résistance ou le silence face à la barbarie. L'indifférence ou l'engagement. Dans ses films, Costa-Gavras explore les dilemnes qui s'imposent à tous les hommes. Des dilemnes, lui, n'en a pas eu au moment de s'engager. Contre la percée du FN en 2002, et puis pour la régularisation des enfants immigrés et sans papiers en 2007. leur école est française, et donc il faut qu'ils restent. C'est que le réalisateur fut aussi un enfant déraciné contraint de fuir sa terre natale, la Grèce. Parce que son père était un opposant politique, parce que le régime était intolérant et lui n'avait que 18 ans. L. Delahousse : Avec le succès, vous auriez pu vous embourgeoiser. Or vous avez toujours souhaité rester un homme engagé. Costa-Gavras : Parce que la colère est importante, l'amour aussi. IL faut avoir la colère et l'amour. Laurent Delahousse : La troisième guerre mondiale est économique. C'est l'argent qui domine tout et même le cinéma. Costa-Gavras : C'est l'argent qui domine le cinéma. Il faut la volon,té des financiers. Les gros capitaux dirigent le cinéma. L. Delahousse : Aujourd'hui vous pensez que ce film ne se ferait pas. Costa-Gavras : Non, aujourd'hui c'est fini. Laurent Delahousse : le cinéma est aujourd'hui formaté. la création est-elle anesthésiée. Costa-Gavras : Oui, cela devient formaté. Mais pas en Europe, car il y a plusieurs "villages". En Europe il y a l'idée de la liberté. Le cinéma est divers en Europe. En France depuis de Gaulle, il y a l'exception culturelle. L. Delahousse : Le cinéma peut-il changer le monde ? Ou du moins participer à lui ouvrir les yeux. Costa-Gavras : Le cinéma a changé le monde, car le monde a pu se voir. Physiquement et sentimentalement, ce n'est pas un discours politique le Le cinéma, c'est des émotions. LD: Qui était le plus grand ? Chaplin ? Méliès a fait des choses extraordinaires aussi. Laurent Delahousse : On sent aujourd'hui une montée du populisme. Vous auriez envie de travailler sur ce sujet. Costa-Gavras : Je pense qu'il faut parler de notre monde. C'est pour ça que j'aime ce qu'on fait en France pour montrer ça dans toute l'Europe. Il faut que le cinéma s'habitue aux gens. LD: C'est ce que nous allons faire toute la semaine.

Notre invité est arrivé en France à l'âge de 19 ans quittant la Grèce et sa dictature. Il ne parlait presque pas français. Il a trouvé pour voie un cinéma politique, efficace et dérangeant. Il est le parrain de la semaine du cinéma européen que vous allez pouvoir vivre sur les chaînes du Groupe France Télévisions. Et il garde un oeil vigilant sur l'actualité. Bonsoir Costa-Gavras. Merci d'être avec nous. A votre arrivée en France, a 19 ans, vous parliez un français scolaire Avez-vous le sentiment d'être devenu français.

Costa-Gavras : Est-ce que vous me senytez français.

Laurent Delahousse : Moi oui, et même européen. Pour les immigrés, c'est cette question qui est importante. C'est le regard de l'autre. LD : C'est quoi être Français.

Costa-Gavras : Français, c'est appartenir à cette nation. Et vivre et travailler pour le pays.

LD : Européen, est-ce que cela a une signification pour vous.

Costa-Gavras : Européen, c'est une union après de nombreux massacres.

L. Delahousse : Votre regard sur deux images de l'actualité. Vous avez avec "Z" en 1969 réalisé le premier polar politique avec CGÎ assassinat. Je vais vous montrer une image, qui date de 1963, qui vous est familière. L'Amérique se souvient 50 ans après de l'attentat de Dallas. L'assassinat de Kennedy, c'est un scénario digne de vous.

Costa-Gavras : On n'osait pas omaginer ce genre de scénario! Quand on voit le fim d'0. Stone, on penche pour le complot. Je suis plutôt pour le complot.

Laurent Delahousse : Les Français sont parfois versatiles. C'est français d'adorer et de détester.

Costa-Gavras : C'est le football! J'ai vu ce match avec mes petits-ils, pils planaient. L. Delahousse : Le foot c'est l'opium du peuple. Et vous, votre opium quel est-il.

Costa-Gavras : Je n'aime pas le mot opium, mais le mot émotion.

Avant de parler de l'actualité, de vous et du cinéma d'aujourd'hui.

Quand dans les années 60, il fait ses premiers pas de réalisateur, ce jeune homme-là n'oublie pas qu'il est avant tout un citoyen soucieux des choses du monde. Costa-Gavras signe son premier succès, un thriller politique. en 1969 et Yves Montand dans le rôle d'un opposant assassiné par la police, un meurtre maquillé en accident par le pouvoir en place. Z incarne alors tous ces hommes qui un jour se sont insurgés.

L'assassinat de Z, c'est l'assassinat de Trotski, celui de Lumumba, de Kennedy, de Luther King.

Avec L'Aveu, Costa-Gavras dénonce la torture en transposant au cinéma le calvaire d'Arthur London, bafoué, torturé dans les années 50 par la police secrète de Tchécoslovaquie. ils vont me faire disparaître comme Wagner à Moscou.

Ils m'ont retiré la carte du parti, ils disent que je suis trotskiste.

On dira que je me suis suicidé.

La résistance ou le silence face à la barbarie. L'indifférence ou l'engagement. Dans ses films, Costa-Gavras explore les dilemnes qui s'imposent à tous les hommes. Des dilemnes, lui, n'en a pas eu au moment de s'engager. Contre la percée du FN en 2002, et puis pour la régularisation des enfants immigrés et sans papiers en 2007. leur école est française, et donc il faut qu'ils restent.

C'est que le réalisateur fut aussi un enfant déraciné contraint de fuir sa terre natale, la Grèce. Parce que son père était un opposant politique, parce que le régime était intolérant et lui n'avait que 18 ans.

L. Delahousse : Avec le succès, vous auriez pu vous embourgeoiser. Or vous avez toujours souhaité rester un homme engagé.

Costa-Gavras : Parce que la colère est importante, l'amour aussi. IL faut avoir la colère et l'amour.

Laurent Delahousse : La troisième guerre mondiale est économique. C'est l'argent qui domine tout et même le cinéma.

Costa-Gavras : C'est l'argent qui domine le cinéma. Il faut la volon,té des financiers. Les gros capitaux dirigent le cinéma.

L. Delahousse : Aujourd'hui vous pensez que ce film ne se ferait pas.

Costa-Gavras : Non, aujourd'hui c'est fini.

Laurent Delahousse : le cinéma est aujourd'hui formaté. la création est-elle anesthésiée.

Costa-Gavras : Oui, cela devient formaté. Mais pas en Europe, car il y a plusieurs "villages". En Europe il y a l'idée de la liberté. Le cinéma est divers en Europe. En France depuis de Gaulle, il y a l'exception culturelle.

L. Delahousse : Le cinéma peut-il changer le monde ? Ou du moins participer à lui ouvrir les yeux.

Costa-Gavras : Le cinéma a changé le monde, car le monde a pu se voir. Physiquement et sentimentalement, ce n'est pas un discours politique le Le cinéma, c'est des émotions.

LD: Qui était le plus grand ? Chaplin ? Méliès a fait des choses extraordinaires aussi.

Laurent Delahousse : On sent aujourd'hui une montée du populisme. Vous auriez envie de travailler sur ce sujet.

Costa-Gavras : Je pense qu'il faut parler de notre monde. C'est pour ça que j'aime ce qu'on fait en France pour montrer ça dans toute l'Europe. Il faut que le cinéma s'habitue aux gens.

LD: C'est ce que nous allons faire toute la semaine.

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