VIDEO. Ransomware : "L'équivalent virtuel d'un braquage ou d'une prise d'otage"

Il y a un an et demi, sa PME a vu son système informatique piraté via un "ransomware", un logiciel de racket numérique. Pour ne pas bloquer la production et les livraisons, le patron a accepté de payer la rançon. Voici son témoignage, extrait d'"Envoyé spécial".

Il y a un an et demi, sa PME de tôlerie industrielle a vu son système informatique piraté via un "ransomware", un logiciel de racket numérique. Montant de la rançon demandée : 3 240 euros. Pour ne pas bloquer la production et les livraisons, Etienne Robin, le patron, accepte de payer. 

Commencent alors d'interminables heures d'angoisse : échange de mails, de jour comme de nuit, avec son "braqueur", le seul qui pourra débloquer ses précieux fichiers. "It's simple. Be reasonable" (c'est simple, soyez raisonnable) lui conseille le hacker.

Une rançon de 3 240 euros payable en bitcoins

La rançon est payable en bitcoins, monnaie virtuelle presque intraçable qui garantit l'anonymat du bénéficiaire. De 6 bitcoins, 3 240 euros, elle passera à 9 vingt-quatre heures plus tard. La pression monte. Avec l'aide de Ludovic de Carcouët, spécialiste de cybersécurité qu'il a appelé à l'aide en urgence, Etienne Robin se procure des bitcoins. Une semaine de tractations plus tard, il verse la somme et reçoit en échange la clé de décryptage. Il retrouve alors ses données.

"Jusqu'au dénouement final, je n'ai rien maîtrisé, témoigne le jeune patron. Et dans ma position de dirigeant d'entreprise, ne pas maîtriser, c'est pas bon. C'est l'équivalent virtuel de ce qu'ont pu subir des victimes de braquage, prise d'otage, cambriolage… C'est la même chose en virtuel. C'est traumatisant."

Extrait de "Les braqueurs de l'ombre", un reportage diffusé dans "Envoyé spécial" le 14 décembre 2017.

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