Scandale Facebook : les données de 2,7 millions d'Européens ont pu être concernées

Image d\'illustration avec des logos du réseau social Facebook.
Image d'illustration avec des logos du réseau social Facebook. (NORBERTO DUARTE / AFP)

Après avoir réclamé des explications, la Commission européenne a reçu une réponse du réseau social.  Au total, 87 millions d'utilisateurs dans le monde ont pu être touchés par la divulgation de données personnelles.

Les données personnelles de "jusqu'à 2,7 millions" d'utilisateurs européens de Facebook ont pu être transmises de "manière inappropriée" à la firme britannique Cambridge Analytica (CA), annonce la Commission européenne, vendredi 6 avril. Ce chiffre lui a été communiqué par le réseau social lui-même.

Cette évaluation concernant l'Europe est à rapporter au nombre total de 87 millions d'utilisateurs de Facebook potentiellement touchés dans le monde, révélé mercredi par le patron du réseau social, Mark Zuckerberg.

"D'autres discussions seront nécessaires"

Facebook a répondu par courrier à la Commission, qui avait demandé la semaine dernière au réseau social de lui fournir rapidement des explications sur le scandale lié à la société Cambridge Analytica (CA). Dans sa lettre, le réseau social évoque "les mesures qui ont été prises depuis", rapporte Christian Wigand, un porte-parole de l'exécutif européen. La Commission va "étudier dans le détail" la réponse du réseau social, mais "il apparaît déjà que d'autres discussions seront nécessaires".

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La firme d'analyses de données CA, qui a notamment travaillé pour la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016, avait récupéré les données personnelles d'utilisateurs de Facebook à leur insu, via une application de tests psychologiques. A l'époque, le système permettait à des applications tierces d'accéder non seulement aux données des usagers ayant utilisé l'application mais aussi à celles de leurs amis, expliquant le nombre très élevé de personnes potentiellement concernées.

CA réfute les chiffres communiqués par Facebook. La firme assure également qu'elle n'a pas utilisé les données récupérées dans le cadre de la campagne de Donald Trump et affirme les avoir effacées lorsque Facebook l'avait informée du fait qu'elles avaient été transmises sans autorisation.

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La Commission renforce sa législation

Sous le feu des critiques, Mark Zuckerberg a annoncé une série de mesures, correspondant en partie à un alignement avec une nouvelle législation européenne qui doit entrer en vigueur le 25 mai dans l'Union européenne, le Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD).

Cette législation imposera notamment à toutes les entreprises d'obtenir "le consentement explicite" des clients si elle veut transmettre leurs données personnelles à une tierce partie ou si elle veut en faire un usage autre que celui initialement prévu. Il y aura aussi "obligation pour celui qui utilise les données d'informer rapidement le consommateur d'une possible violation de la confidentialité, en exactement 72 heures", précise Christian Wigand.

En cas de violation des règles, "il y aura un pouvoir de sanction renforcé pour les autorités de protection des données", a-t-il ajouté, précisant que les sanctions pourraient atteindre "jusqu'à 4% du chiffre d'affaires international de l'entreprise concernée".

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