Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : comment lutter contre la haine en ligne ?

France 2

Quel rôle les réseaux sociaux ont-ils joué dans l'attentat contre Samuel Paty ? L'affaire a relancé le débat sur la liberté dont jouissent les utilisateurs de Facebook, Twitter et autres.

Le débat de la lutte contre la haine en ligne est remis sur la table après l'assassinat du professeur Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), vendredi 16 octobre. Avant sa mort, il a été victime d'un harcèlement massif sur les réseaux sociaux, qui aurait pu jouer un rôle dans la motivation du terroriste à passer à l'acte. Mais comment retirer un contenu litigieux ? Les internautes sont en première ligne et alertent le plus souvent le réseau social. Puis, la plateforme dénonce les faits aux autorités si les propos, par exemple, incitent à la haine raciale ou appellent à la violence.

Lutter contre le cyber-islamisme

"Vous signalez à Twitter, ou aux réseaux sociaux, un contenu, à partir de ce moment-là, ils deviennent responsables du contenu. [...] Notre problème, c'est qu'on a le sentiment d'une irresponsabilité, d'une impunité des réseaux sociaux parce qu'il n'y a pas de rapidité, ils font plus ou moins comme ils veulent", critique Me Delphine Meillet, avocate spécialiste du droit numérique. La plateforme Pharos permet aux internautes de signaler du contenu illicite en ligne. Sur les 4 400 contenus signalés par semaine, seulement 3 000 ont été supprimés depuis le début de l'année. Au printemps, la députée LREM Laetitia Avia proposait une loi obligeant les plateformes à supprimer les contenus haineux signalés en 24 heures. Considérée contraire à la liberté d'expression, elle avait été retoquée par le Conseil constitutionnel. Aujourd'hui, le gouvernement réfléchit à renforcer les cellules de magistrats dédiées à la lutte contre la haine en ligne. Marlène Schiappa reçoit mardi 20 octobre les représentants français des principales plateformes pour réfléchir à des solutions visant à lutter contre ce que le gouvernement appelle désormais le "cyber-islamisme".

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