Cryptomonnaie : Mark Zuckerberg se prend-il pour le maître du monde ?

L'inventeur de Facebook veut lancer une monnaie virtuelle qui devrait permettre de transférer de l'argent et payer des services proposés par son réseau social. Martin Legros, de "Philosophie Magazine", revient sur cette nouvelle "lubie" de Mark Zuckerberg.

Émettre de la monnaie est normalement réservé à un état. Mais le patron de Facebook a décidé de lancer sa monnaie virtuelle. Une bonne idée ? "Facebook avait déjà quelques traits d'un État. Il compte 2,5 milliards de membres ; Facebook a un budget comparable à certains états, s'est immiscé dans notre vie privée, influence nos comportements… Facebook se met à s'affranchir d'un pouvoir qui était le pouvoir régalien des états de battre-monnaie", commente Martin Legros de Philosophie Magazine. "Il a deux arguments. Le premier est de dire 'ça ira plus vite' et le deuxième de dire qu'il y a des millions d'individus en Inde par exemple qui n'ont pas de compte en banque, mais qui ont un téléphone et un compte Facebook et que l'on va les faire accéder aux crédits. Tout ça sous le nom de Libra, du nom d'une unité de compte de l'époque de l'Empire romain. Facebook est déjà un empire et prend de plus en plus la forme d'un État, une puissance étatique", poursuit le journaliste.

Un autre type de cryptomonnaie

Si ce n'est pas la première cryptomonnaie, va-t-on vers d'un monopole des États ? "C'était la fonction des cryptomonnaies comme le Bitcoin. Mais les autres sont fondées sur le 'Blockchain', un système fermé où les individus se mettent en réseau de manière autonome, anonyme, de manière mutuelle. Là, Facebook capte ce dispositif pour se l'approprier avec une série d'autres entreprises en s'adossant à des monnaies traditionnelles afin d'éviter le système des cryptomonnaies", ajoute Martin Legros.
Est-ce finalement le rêve d'internet ? "Une monnaie traditionnelle est un objet étrange, magique (…) ici, non seulement Facebook aura les informations de toutes les transactions, mais elle va monétiser ces transactions auprès des entreprises pour voir les bons ou mauvais payeurs", prévient le journaliste.

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