Les pirates des données de l'UMP s'expliquent sans se dévoiler

Extrait de la fiche personnelle de Michèle Alliot-Marie, consultable sur internet et faisant partie des documents probablement piratés.
Extrait de la fiche personnelle de Michèle Alliot-Marie, consultable sur internet et faisant partie des documents probablement piratés. (RUE 89)

Sans livrer leur identité, ils ont publié, mercredi 9 novembre sur internet, un communiqué pour expliquer la mise en ligne d'informations personnelles de près de mille cadres du parti présidentiel. 

Ils tiennent à justifier leur action... et à rester anonymes. "Nous sommes les auteurs de la publication des données 'légérement' privées des députés UMP, le désormais fameux 'DoX-UMP'", disent-ils en préambule d'un communiqué, posté sur internet mercredi 9 novembre. 

Selon Rue89, qui a révélé l'existence de ces fiches, les données professionnelles et personnelles de près d'un millier de cadres de l'UMP ont été piratées et mises en ligne samedi 5 novembre. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris après la plainte contre X déposée par le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

• Leur méthode

Les pirates racontent la façon dont ils ont procédé : "Aucun site 'institutionnel' n'a été attaqué, ni même visé. Les données sont issues d'une société d'hébergement et de création de sites internet privée." 

Les hackers se sont tout simplement servis de Google pour dénicher des failles de sécurité. Ils en ont trouvé sur une trentaine de blogs de membres de l'UMP. Ces failles les ont ensuite menés à plus de 160 bases de données, la plupart directement liées au parti majoritaire. "Nous sommes tombés par hasard sur cette faille, nous avons regardé où elle menait par curiosité avant tout." 

• Leurs buts

Adresses mails, numéros de téléphone, années de naissance... "Nous avons choisi de ne publier qu'une partie des données, expurgée de ce qu'il y avait de plus sensible", expliquent les auteurs de ce piratage. Ils précisent d'ailleurs qu'ils n'ont pas fait de sauvegarde et qu'il n'y aura pas d'autres publications de données. Ils certifient également ne pas avoir utilisé ces informations à des fins malhonnêtes.

Objectifs ? "Etre entendu", car "chaque jour des centaines de personnes se font pirater leurs données privées transmises à des société privées. Données qui sont ensuite partagées sur le net, dans l'indifférence totale de ces sociétés privées piratées, et des responsables politiques". Le discours se veut engagé.

Les pirates clament avoir également voulu "mettre l'UMP en face de ses contradictions". Ils font ici allusion à différents systèmes de fichage de la population : dernier en date, le fichier relatif à la création de la nouvelle carte d'identité, "autorisant le fichage de 45 millions de personnes honnêtes". Moralité, écrivent-ils : "Plus de fichiers = Plus de fuites".

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