Comment Mega veut corriger les failles de Megaupload

Capture d\'écran du nouveau site Mega qui doit être lancé le 19 janvier 2013.
Capture d'écran du nouveau site Mega qui doit être lancé le 19 janvier 2013. ( FRANCETV INFO)

Un an après la fermeture forcée du site de téléchargement, son fondateur, Kim Dotcom, doit lancer samedi une nouvelle plateforme de partage de fichiers.  

Mega arrive. Sur Twitter, Kim Schmitz (alias Kim Dotcom) assure la communication du successeur de Megaupload, sa plateforme de partage de fichiers fermée par la justice américaine début 2012. Et l'homme a le sens de la mise en scène : l'ouverture du site est prévue le 19 janvier, soit un an jour pour jour après son arrestation en Nouvelle-Zélande. 

 

Sur la toile, la nouvelle version du site est très attendue. Une fausse page Facebook a promis des comptes premium aux 200 000 premiers inscrits. Quant à la déclaration d'amour kitsch de Kim Dotcom à la France, elle a été retweetée près de 1 400 fois en deux jours.

Mais l'ouverture de Mega pourrait aussi signifier le retour à la case prison pour Kim Dotcom. Il est en effet sous la menace d'une extradition vers les Etats-Unis. En mars 2012, Kim Dotcom avait négocié ses conditions de remise en liberté : pas question de rouvrir Megapload ou de mettre en ligne une entreprise similaire. Toute cette affaire ne serait-elle pas que du bluff s'interroge le site NumeramaFrancetvinfo s'est demandé comment Mega compte contourner la loi antipiratage.

 

1En cryptant les données partagées

Il est prévu que les données partagées soient protégées par une clé de cryptage dans le cloud, ce nuage où sont contenus les fichiers sur des serveurs. Ni Mega, ni les hébergeurs, ni les autorités n'auront connaissance de ce code, a assuré Kim Dotcom au magazine américain Wired. "Si les serveurs sont perdus, si un gouvernement débarque dans un datacenter et les viole, si quelqu'un pirate le serveur ou le vole, cela ne lui donnera rien. (...) Tout ce qui est téléchargé sur le site deviendra fermé et privé sans la clé", explique-t-il.

Si bien que Mega "ne pourra pas être tenu pour responsable" de ce qui est stocké sur le serveur, explique Mathias Ortmann, partenaire de Kim Dotcom sur le projet Mega à Wired. Et donc il ne pourra pas être inculpé de violation du droit d'auteur.

2En utilisant des serveurs hors des Etats-Unis

Les données partagées sur Megaupload étaient stockés sur des serveurs aux Etats-Unis, ce qui a permis au FBI d'arrêter tout simplement leur fonctionnement. Une faille que Kim Dotcom compte résoudre en utilisant des serveurs installés ailleurs. Sur le site du nouveau Mega, il fait appel aux entreprises hôtes qui pourraient stocker les données. A une exception : elles ne doivent pas avoir leur siège aux Etats-Unis, pour être certain que Mega ne tombe pas sous le coup de la loi DMCA (Digital Millennium Copyright Act). Ce texte interdit le détournement d'une protection contre la copie, ainsi que la distribution et la mise à disposition de procédés qui permettent ce détournement.

En outre, deux ensembles de serveurs seront situés dans deux pays différents, pour éviter la perte des fichiers. "Ainsi, même si un pays décide de 'péter les plombs' d’un point de vue légal et de fermer tous les serveurs, par exemple – ce à quoi nous ne nous attendons pas, parce que nous respectons totalement toutes les lois des pays dans lesquels nous plaçons nos serveurs – ou si une catastrophe naturelle survient, il y aura toujours un endroit où tous les fichiers pourront être trouvés", a précisé Mathias Ortmann à Wired.

Enfin, Kim Dotcom a choisi de ne pas dédupliquer les contenus, c'est-à-dire qu'un contenu présent 100 fois sur Mega ne sera pas regroupé en un seul. Si les ayants droit découvrent l'illégalité de ce contenu, il leur faudra trouver les 100 clés de décryptage pour que le fichier piraté soit retiré. 

3En appliquant en dernier recours la loi antipiratage

Ces dispositions constituent un ensemble "100% sûr et indestructible" pour Kim Dotcom. Leurs objectifs avoués : mettre des bâtons dans les roues de la législation antipiratage. Même si, comme il l'a précisé à Wired : "L'ouverture de Mega n'est pas un doigt d'honneur géant adressé à Hollywood".

Mathias Ortmann a d'ailleurs clarifié : "Si les ayants droit découvrent des liens postés publiquement et les clés de décryptage et vérifient que le fichier est en infraction avec leur copyright, ils peuvent envoyer une notification DMCA pour que ce fichier soit enlevé, comme avant".