Belgique : un site de rencontre pour "sugar daddies" accusé d'inciter les étudiantes à la prostitution

Capture d\'écran d\'un tweet montrant la publicité du site richmeetbeautiful.be, le 25 septembre 2017.
Capture d'écran d'un tweet montrant la publicité du site richmeetbeautiful.be, le 25 septembre 2017. (FRANCEINFO)

La Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé vouloir déposer plainte.

Un site de rencontres promettant aux étudiantes d'"améliorer" leur niveau de vie en rencontrant des hommes "riches", sur des camions publicitaires circulant près des universités, a suscité une vague de critiques, lundi 25 septembre, en Belgique. La Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé qu'elle déposerait plainte pour incitation à la débauche et à la prostitution contre le site richmeetbeautiful.be. L'Université libre de Bruxelles (ULB) a déposé plainte auprès du Jury d'éthique publicitaire de Belgique, un organe d'"autodiscipline" du secteur.

Le site, lancé il y a quelques semaines en Belgique, a démarré sa campagne à Bruxelles vendredi, avec deux camions surmontés d'énormes panneaux apostrophant leur cible par un "Hey les étudiantes ! Améliorez votre style de vie, sortez avec un 'sugardaddy". Le site a pour objectif de mettre en relation des "sugardaddies" (littéralement "papas gâteaux", des hommes âgés et riches) avec des "sugarbabies", dont les principales caractéristiques seraient d'être jeunes, jolies et intéressées par l'argent. Selon le PDG du site, le Norvégien Sigurd Vedal, dix autres camions doivent sillonner le pays dans les semaines à venir, "surtout à proximité des établissements universitaires".

Une campagne "complètement immorale"

Ces étudiantes, qui ont du mal à payer leurs études, ont besoin d'une bourse, pas d'un 'sugardaddy'Opaline Meunierà l'AFP

Un syndicat étudiant, l'Union des étudiants de la Communauté française (Unecof), a dénoncé une campagne "complètement immorale". "De plus en plus d'étudiants ont des difficultés sociales ou économiques. On sait que le phénomène de la prostitution étudiante gagne du terrain, et voilà une entreprise qui exploite la détresse de ces jeunes femmes pour faire des profits !", a expliqué sa présidente, Opaline Meunier, à l'AFP. "Si ce n'est pas de l'incitation à la prostitution, c'est au moins comparable à l'utilisation des services d'une escort girl", a insisté la présidente de l'Unecof.

"C'est un malentendu classique", a rétorqué Sigurd Vedal. "Nos 'sugarbabies' doivent avoir au moins 18 ans et la prostitution n'est pas autorisée", a-t-il assuré à l'AFP. "Nous sommes comme un site de rencontres classique, sauf que l'aspect financier fait partie des critères". En France, le site sugardaddy.fr avait été visé, en 2014, par une enquête pour proxénétisme.