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VIDEO. Ian Brossat demande l'interdiction des locations via Airbnb dans les quatre premiers arrondissements de Paris

FRANCEINFO / RADIOFRANCE

L'élu parisien Ian Brossat a demandé jeudi sur franceinfo l'interdiction des locations d'appartements entiers sur la plate-forme Airbnb dans les quatre premiers arrondissements de Paris et la fin des résidences secondaires dans la capitale.

Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, en charge du logement, demande jeudi 6 septembre sur franceinfo, l'interdiction de "la location d'appartements entiers dans le cœur historique de Paris" par des plateformes telles qu'Airbnb "pour éviter que "ces multinationales, ces géants de la tech" fassent "main basse" sur la ville. 

Un quart des logements ne sert plus à loger des Parisiens

"Sur les quatre premiers arrondissements de la capitale, un quart des logements ne sert plus à loger des Parisiens, mais uniquement à des résidences secondaires et des locations touristiques, explique l'élu. C'est un réel problème alors que les classes moyennes et les familles ont de plus en plus de mal à se loger. Il faut lancer une réflexion, se donner la possibilité d'aller plus loin et par exemple empêcher la location d'appartements entiers dans le cœur historique de Paris."

Autre cible de Ian Brossart qui vient de publier Airbnb la ville ubérisée (La Ville Brûle), les résidences secondaires dans la capitale : "Aujourd'hui Paris, c'est 1,4 million de logements, indique Ian Brossat. Sur ces 1,4 million de logements, on a plus de 100 000 résidences secondaires qui sont occupées une à deux semaines par an par leur propriétaire. L'Ile Saint-Louis de ce point de vue est caricaturale (...) Est-ce qu'on veut que ces quartiers deviennent uniquement la propriété de riches Qataris ou Américains ?"

Les familles sont remplacées par des touristes

"Plus Airbnb prend de l'ampleur, plus des familles sont remplacées par des touristes. Cela a des conséquences en cascade. Des logements qui sont transformés en hôtels clandestins, mais aussi des commerces qui changent de visage, de commerces de bouche qui deviennent des commerces de fringues. Il est temps de remettre un peu d'ordre dans tout cela si nous voulons préserver l'identité de ces territoires", a-t-il expliqué.

Un combat qui est celui de plusieurs grandes villes en Europe, selon Ian Brossat, qui est tête de liste du PCF aux élections européennes : "Je constate que toutes les grandes villes d'Europe en viennent à des dispositions comme celles-là (...) Je compte sur une lame de fond européenne. Je suis convaincue que l'une des questions phare des prochaines élections européennes, ça sera la régulation de cette nouvelle économie. Si on veut être efficace contre des mastodontes comme Airbnb, il faut que les villes européennes soient capables de travailler ensemble. Le 24 septembre prochain toute une série de villes, Paris, Berlin, Barcelone, Madrid, confrontées à ce phénomène des locations touristiques plaideront leur cause ensemble à Bruxelles. Nous ne souhaitons pas être seuls face à ces enjeux majeurs", a-t-il dit.

Un "lobby puissant"

Mais il n'est pas facile de s'attaquer à ce géant de la location touristique qui use de son influence auprès des pouvoirs publics : "C'est évidemment un lobby puissant (...) Je vais vous donner un exemple très simple. En 2016, nous avons obtenu une loi qui prévoit un numéro d'enregistrement pour toute personne qui souhaite louer sur Airbnb. Depuis deux ans, nous avons attendu un décret d'application qui n'est jamais tombé parce qu'en attendant Airbnb a déployé un lobbying extrêmement puissant qui fait que les pouvoirs publics ne sont pas allés jusqu'au bout", a-t-il dénoncé.

Ian Brossat accuse même des membres du parti présidentiel LREM d'avoir eu des liens directs avec des dirigeants d'Airbnb : "Tout récemment, des responsables de La République en marche ont reçu dans leurs locaux les responsables d'Airbnb. Cela en dit long sur un certain nombre de contacts qui ont été noués et, surtout, ont eu des effets très concrets à savoir qu'il n'y a jamais eu de décret d'application sur une mesure adoptée il y a deux ans", a assuré.