VIDEO. Pièces à conviction. Ambassadeurs thématiques : du "copinage aux frais du contribuable"

Pièces à conviction/France Télévisions

La France a plus d'ambassadeurs que d'ambassades. Pour occuper ces hauts fonctionnaires sans poste, l'Etat a trouvé une solution : les nommer ambassadeurs thématiques. Infatigable, la sénatrice Nathalie Goulet dénonce un mode de désignation opaque et dépose depuis six ans des amendements pour rendre public leur coût réel. Extrait de "Pièces à conviction".

En 2014, on comptait 199 ambassadeurs pour 163 ambassades. Que faire de ces hauts fonctionnaires sans poste ? L'Etat a trouvé la solution : ils ont été nommés ambassadeurs thématiques. Il existe donc un ambassadeur chargé de la lutte contre les mines antipersonnel, un ambassadeur chargé de la coopération internationale dans l'océan Indien, etc. En 2015, on comptait 25 ambassadeurs thématiques. A quoi servent-ils ? 

Etrangement, dans la liste des ambassadeurs "sans pays", on trouve un journaliste, un avocat et pas moins de sept anciens politiques. Michel Rocard, par exemple, est ambassadeur chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique...

Le "recyclage d'amis en mal d'exotisme" ?

Depuis six ans, Nathalie Goulet, sénatrice UDI, dépose des amendements pour rendre public le coût réel des ambassadeurs thématiques, sur lequel elle n'a obtenu aucune information : "C'est un mode de désignation opaque avec une rémunération toujours aussi opaque. Il n'existe pas de compte rendu et pas d'évaluation des frais." Selon elle, "il n'y a aucune espèce de raison qu'on fasse du recrutement de favoritisme. Le Quai d'Orsay n'est pas une instance de recyclage des amis en mal d'exotisme. Ce n'est pas notre fonction." Il s'agit de "copinage politique aux frais du contribuable".

Extrait de "Nos très chères ambassades", une enquête de "Pièces à conviction" diffusée le 20 avril 2016.

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