VIDÉO. Les "dîners en blanc" ont 30 ans et on vous raconte comment ils sont nés (un peu par hasard)

FRANCEINFO

Franceinfo a rencontré François Pasquier, l'initiateur de cet événement qui se déroule dimanche à Paris, dans un endroit encore tenu secret.

"Non, ça, je crois que je ne peux pas le dire. Je me ferais vraiment fusiller", plaisante François Pasquier, l'initiateur du "dîner en blanc" qui fête ses 30 ans, dimanche 3 juin, à propos du lieu choisi cette année. Pour l'occasion, 17 000 convives sont attendus. Chaque année, depuis 1988, un gigantesque pique-nique est organisé, sans autorisation, dans l'un des plus beaux lieux de Paris. Le site choisi par les organisateurs est tenu secret. Les invités, tout de blanc vêtus, sont informés au dernier moment. Selon la tradition, un jeu de pistes par SMS leur délivrera la réponse à la dernière minute. Et l'édition 2018 ne dérogera pas à la règle.

Au début, "une réunion entre bons amis"

"Le dîner en blanc est né d'une réunion entre bons amis", dans les jardins de Bagatelle, dans le bois de Boulogne, après des années de séparation, raconte François Pasquier, qui rentrait alors d'un long séjour à Tahiti. Et il avait été décidé que les invités s'habilleraient de blanc, "de façon à se distinguer" des promeneurs. Contents de leur soirée, les amis ont décidé de remettre ça. "On était plus nombreux l'année suivante, encore plus nombreux l'année suivante, et ainsi de suite."

Les "dîneurs en blanc" viennent avec leurs tables, leurs chaises pliantes, leur vaisselle, leurs victuailles, leurs bouteilles de champagne et parfois même leurs bougeoirs. Et la consigne de n'abandonner aucun déchet sur le site. Ils ont déjà investi le parvis de Notre-Dame, la place de la Concorde, la place des Vosges, le parvis de l'Hôtel de Ville, le Trocadéro, la place au pied de la Pyramide du Louvre, le parvis de Notre-Dame ou les contre-allées des Champs-Elysées. Sans jamais prévenir les autorités, qui tolèrent cette pratique. "Au début, c'était pour ne pas que les forces de police nous ennuient pour nous dire : 'Vous n'avez pas le droit de vous mettre ici ou là'. Et maintenant c'est tout simplement parce que ça apporte un suspense", explique François Pasquier.

"Etre bien élevé et aimer la vie"

Trois décennies après sa création, le "dîner en blanc" peine à se défaire de sa réputation d'événement "bon chic bon genre". "Oui, au début, c'était comme ça, on l'assume", reconnaît son créateur, avant d'ajouter : "Mais maintenant plus du tout." Quant à la sélection des convives, invités à dîner par cooptation, elle ne serait pas si draconienne. "La condition sociale n'a jamais été un des critères de sélection. Le seul critère de sélection, c'est d'être bien élevé et d'aimer la vie."

Placés "sous le signe de l'amitié, de l'élégance et de la gastronomie" et d'un "savoir-vivre à la française", les "dîners en blanc" s'exportent. Chaque année, des "dîneurs en blanc" se retrouvent ainsi dans plus de 80 villes à travers le monde : New York, Bombay, Copenhague, Rio, Montréal, Panama, Buenos Aires, Zagreb, Kuala Lumpur, Bangkok... Et près de 800 autres villes ont déjà posé leur candidature.

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