VIDEO. Bayonne : manifestation en faveur d'Aurore Martin et des prisonniers basques

Francetv info

Près de 15 000 personnes ont manifesté cet après midi à Bayonne en faveur des droits des prisonniers basques, et sur fond d'émotion au Pays basque français après la remise récente à l'Espagne de la militante Aurore Martin.

FRANCE - Environ 15 000 personnes ont manifesté samedi 10 novembre à Bayonne en faveur des droits des prisonniers basques, en particulier leur rapprochement, sur fond d'émotion au Pays basque français après la remise récente à l'Espagne de la militante Aurore Martin.

Sous une pluie battante, un peu moins de 15 000 participants selon la police, plus de 15 000 selon les organisateurs, ont parcouru pendant une heure et demie dans l'après-midi le centre de Bayonne, aux cris de "Exterat" ("A la maison"), "Amnistie maintenant, prisonniers à la maison", derrière des parents de détenus arborant leurs portraits. La marche sans incidents, à l'appel de l'association Herrira (Au pays), était gonflée par un fort contingent (au moins 70 cars) de manifestants venus du Pays Basque espagnol, qui avaient empli dès la matinée les rues du vieux Bayonne, passant tôt la frontière pour éviter d'éventuels filtrages.

Le plus important rassemblement des ces dernières années

A l'échelle des rassemblements basques en France, la marche était la plus suivie depuis des années: une similaire en 2000 avait rassemblé 7 000 personnes selon les organisateurs d'alors. Mais le rassemblement a pris un relief nouveau avec l'émoi suscité au Pays Basque français, et le malaise dans la gauche française, par l'arrestation à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques) et la remise aux autorités espagnoles le 1er novembre d'Aurore Martin. La militante basque de 33 ans était visée par un mandat d'arrêt européen espagnol, validé par la justice française. Des élus de droite et de gauche ont mis en doute le caractère "fortuit" de son arrestation, comme l'affirment les autorités françaises, et dénoncé la remise à Madrid de la membre du parti indépendantiste Batasuna, interdit en Espagne, mais légal en France.

Le président PS de la région Aquitaine, Alain Rousset, a écrit au Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour lui demander de "peser" auprès de son homologue espagnol Mariano Rajoy pour "une libération rapide et un retour en France" d'Aurore Martin, dont l'extradition a suscité "un émoi qui ne se dément pas""Il ne faudrait pas que l'incarcération d'une de nos compatriotes, qui n'a commis ni participé à un acte quelconque de violence, et sa possible condamnation à une lourde peine détruisent le climat apaisé" au Pays basque, estime Alain Rousset dans son courrier de jeudi.

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