Valls critique la droite sur le terrorisme, Hollande le recadre

Le ministre de l\'Intérieur Manuel Valls à l\'Assemblée nationale (Paris) le 13 novembre 2012.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls à l'Assemblée nationale (Paris) le 13 novembre 2012. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le ministre de l'Intérieur a provoqué un incident mardi à l'Assemblée en accusant la droite d'être responsable du "retour du terrorisme". Le soir-même, dans sa conférence de presse, le chef de l'Etat l'a rappelé à l'ordre.

POLITIQUE - Le terrorisme est une "question qui doit rassembler". Après la fureur de l'opposition provoquée par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, à l'Assemblée nationale mardi 13 novembre, qui a accusé la droite d'être responsable du "retour du terrorisme", François Hollande a voulu apaiser les esprits quelques heures plus tard lors de sa première conférence de presse. Retour sur cet incident en trois actes.

Acte 1 : Valls dit à la droite "le retour du terrorisme dans ce pays, c'est vous"

Au cours des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale mardi, Manuel Valls répond à une question du député Eric Ciotti, le "monsieur sécurité" de l'UMP. La question est destinée à la Garde des sceaux et porte sur les dernières statistiques de la délinquance en France. Les chiffres publiés récemment ont en effet entraîné une polémique.

Manuel Valls prend alors le micro et lance à la droite: "C'est vous qui avez échoué et les Français aujourd'hui payent dix ans d'une politique de sécurité faite de lois qui n'ont servi à rien, qui n'ont pas été appliquées. L'esbroufe, c'est vous, l'échec c'est vous, la hausse de la délinquance, c'est vous. (...) Le retour du terrorisme dans ce pays, c'est vous." 

LCP

La réponse provoque la fureur de l'opposition. Pierre Lellouche, député UMP de Paris, bondit de son banc pour se précipiter sur Manuel Valls, mais il est arrêté par les huissiers. Devant le tollé suscité par cette déclaration, le président PS de l'Assemblée Claude Bartolone lève la séance.

Acte 2 : Fillon demande à Hollande des excuses publiques

Après cet incident, l'ex-Premier ministre François Fillon réclame des excuses publiques "à l'égard de l'opposition", au président François Hollande, sur Twitter.

"Il est du rôle du chef de l'Etat de rappeler la nécessaire unité de la Nation dans la lutte contre le terrorisme", explique aussi dans un communiqué François Fillon, candidat à la présidence de l'UMP.

Acte 3 : Hollande rappelle à l'ordre Valls

Lors de sa première conférence de presse mardi en fin d'après-midi, le chef de l'Etat interrogé sur l'incident à l'Assemblée, recadre le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Selon le président, "la lutte contre le terrorisme doit rassembler. Ne polémiquons pas. Le sujet est trop grave". Sans oublier d'adresser un message à Manuel Valls : "Ne perdons pas notre temps".  

Vous êtes à nouveau en ligne