Une proposition de loi du Nouveau Centre interdisant les parabènes a été adoptée par surprise mardi à l'Assemblée

Les bouteilles en plastique, comme les bouteilles de lait, contiennent des parabènes
Les bouteilles en plastique, comme les bouteilles de lait, contiennent des parabènes (AFP - Jeff PACHOUD)

Ainsi, les partisans d'une interdiction des parabènes et autres phtalates, ces perturbateurs endocriniens utilisés dans les plastiques et les cosmétiques, ont remporté une victoire, même si elle est symbolique.Le texte a été adopté contre l'avis du gouvernement et de l'UMP par 236 voix contre 222, lors d'un vote solennel.

Ainsi, les partisans d'une interdiction des parabènes et autres phtalates, ces perturbateurs endocriniens utilisés dans les plastiques et les cosmétiques, ont remporté une victoire, même si elle est symbolique.

Le texte a été adopté contre l'avis du gouvernement et de l'UMP par 236 voix contre 222, lors d'un vote solennel.

En commission, courant avril, il avait été rejeté, ce qui préfigurait un vote identique en séance publique.

Le vote a donc été accueilli par des applaudissements sur les bancs du Nouveau Centre mais aussi du PS, du PCF et des Verts. Les députés de gauche mais aussi 19 élus UMP, François Bayrou (MoDem) ou encore Nicolas Dupont-Aignan (DLR) ont en effet mêlé leurs voix à celles des centristes.

Depuis 2007, les scrutins publics ont rarement donné lieu à de telles surprises. Ce fut le cas en mai 2008 pour le projet de loi OGM et en avril 2009 sur le texte Hadopi, tous deux -temporairement- rejetés.

Pour le gouvernement, le vote de mardi pourrait ne pas prêter à conséquence. Il peut décider de ne pas inscrire le texte à l'ordre du jour du Sénat.

"Il doit l'inscrire ! Il ne peut pas ignorer le vote de la représentation nationale", a aussitôt déclaré à l'AFP le patron des députés NC, François Sauvadet, saluant cette "victoire" du Nouveau Centre et le fait que "les sujets de société et de santé publique dépassent les clivages politiques".

Le texte, très bref, stipule que "la fabrication, l'importation, la vente ou l'offre de produits contenant des phtalates, des parabènes ou des alkylphénols sont interdites".

Considérés comme des perturbateurs endocriniens, ces produits entrent dans une foultitude de produits de consommation courante (objets en plastique, cosmétiques, détergents...). De nombreuses études ont démontré que ces substances chimiques perturbent le fonctionnement du système hormonal, en particulier celui de la reproduction, et affectent aussi bien l'adulte que l'enfant et même l'embryon.

Elles auraient une incidence sur l'accroissement des tumeurs du sein et la baisse de la fertilité masculine.

L'auteur du texte, Yvan Lachaud, a fait valoir que la réglementation existante restait parcellaire face aux risques encourus qui ne se mesurent plus en référence à des doses maximales autorisées mais résultent d'une "imprégnation" quotidienne.

Les phtalates, qui assouplissent le plastique, sont très communément utilisés dans toutes sortes de produits de consommation (emballages, adhésifs, peinture, vernis à ongles, laque pour les cheveux, parfums...).

Les parabènes sont des conservateurs largement utilisés dans les cosmétiques mais aussi dans des médicaments et certains aliments. Quant aux alkylphénols, ils sont incorporés dans des produits de nettoyage mais aussi utilisés comme émulsifiants.

Lors des débats, le 14 avril, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, avait proposé d'attendre le résultat d'expertises en cours avant d'interdire ces substances, jugeant "prématuré" le texte du Nouveau centre. "Si on pouvait aller plus vite, j'en serais le premier heureux". Les députés, en tout cas, ont choisi cette voie.

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