Un ancien parachutiste se disant "nationaliste" revendique l'assassinat dans un documentaire prévu vendredi sur Canal+

Le monde de la justice
Le monde de la justice (France 3 Méditerranée)

L'homme, âgé de 60 ans, surnommé "Gustavo", dont le visage est flouté, affirme avoir pris ses ordres au Service d'action civique (SAC), le service d'action civique alors dirigé par Pierre Debizet"J'étais un patriote en lutte contre le communisme. Quand on fait la guerre, on est obligé de tuer", ajoute-t-il.

L'homme, âgé de 60 ans, surnommé "Gustavo", dont le visage est flouté, affirme avoir pris ses ordres au Service d'action civique (SAC), le service d'action civique alors dirigé par Pierre Debizet

"J'étais un patriote en lutte contre le communisme. Quand on fait la guerre, on est obligé de tuer", ajoute-t-il.

La prescription est de dix ans mais l'avocat de Pierre Goldman, Francis Chouraqui, estime mercredi dans Libération que les faits pourraient être requalifiés en acte de terrorisme.

Le meurtre de Pierre Golman à Paris, le 20 septembre 1979, avait été revendiqué par un groupe "Honneur de la police" qui n'a jamais été officiellement identifié.

Dans sa revendication, "Honneur de la police" dénonçait l'acquittement de Pierre Goldman, en mai 1976, pour une affaire d'attaque à main armée d'une pharmacie parisienne.
Selon "Gustavo", Pierre Debizet, aujourd'hui décédé, aurait expliqué qu'il n'acceptait pas l'acquittement du militant d'extrême gauche, considéré comme un délinquant.

Selon Canal+, le commando aurait été dirigé par un inspecteur de la Division de la surveillance du territoire (DST), également membre du SAC, et l'un des guetteurs appartenait aux Renseignements généraux (RG).

Joint par téléphone par Canal+, l'ancien inspecteur de la DST, qui vit à l'étranger, a mis les journalistes en garde. Vous touchez du doigt des choses importantes", dit-il.

Dans le reportage, "Gustavo" se présente comme l'un des deux tireurs, celui qui a achevé Goldman à terre. "Je repasse derrière, je le finis", dit-il, précisant que le militant portait un blouson clair.

Le SAC, service d'ordre au service du général de Gaulle devenu une sorte de police parallèle après les événements d'Algérie, a été dissous en août 1982 par le gouvernement de François Mitterrand en raison de la tuerie d'Auriol.
En 1981, Jacques Massié, chef du SAC marseillais, avait été en effet assassiné avec toute sa famille par ses hommes qui le soupçonnaient de vouloir les trahir, dans un contexte d'extrême paranoïa anticommuniste.