Tour de France : quand les spectateurs jouent les hooligans

Le coureur espagnol Alberto Contador donne un coup de poing à un spectateur envahissant, déguisé en médecin, le 22 juillet 2011, lors de la montée de L\'Alpe-d\'Huez (Isère). 
Le coureur espagnol Alberto Contador donne un coup de poing à un spectateur envahissant, déguisé en médecin, le 22 juillet 2011, lors de la montée de L'Alpe-d'Huez (Isère).  (LIONEL BONAVENTURE / POOL)

Si le jet d'urine sur Cavendish lors du contre-la-montre de mercredi est une première, les débordements ne sont pas rares sur la Grande Boucle.

Mark Cavendish a eu la désagréable surprise d’être sifflé, et même aspergé d'urine, mercredi 10 juillet, durant le contre-la-montre entre Avranches et le Mont-Saint-Michel. Une vengeance après le sprint tumultueux de la veille, au cours duquel le cycliste britannique a donné un coup d'épaule au coureur néerlandais Tom Veelers, le faisant tomber. 

Le Tour de France est habitué aux démonstrations et débordements de certains spectateurs. Francetv info revient sur les méthodes, plus ou moins violentes, utilisées pour perturber la Grande Boucle.

 Des coups de poing 

Alors qu'il est tout près de remporter un sixième Tour de France, en 1975, Eddy Merckx reçoit un violent coup de poing d'un spectateur, durant l'ascension du puy de Dôme. Ce dernier n'aurait pas apprécié la mainmise sur la course de celui qu'on surnomme à l'époque "le cannibale". A l'arrivée, le champion se plie de douleur, mais parvient à identifier l'auteur du coup. 

Une agression lourde de conséquences. Perturbé par d'autres blessures, le Belge ne s'en remet pas vraiment. Il est incapable de répondre aux attaques de Bernard Thévenet, qui remporte la Grande Boucle cette année-là. 

Des coups de feu

Le bruit s'est perdu dans le brouhaha de la course, ce 17 juillet 2009, au moment de franchir le col du Bannstein (Alsace), lors de la 13e étape. Mais après avoir ressenti une brûlure, l'Espagnol Oscar Freire et le Néo-Zélandais Julian Dean se rendent compte qu'ils saignent. Les deux coureurs ont été légèrement blessés par des coups de feu.

Freire est le plus gravement touché. Il doit se faire extraire un projectile de la cuisse gauche. Dean est atteint, quant à lui, à l'ongle de l'index gauche. Les deux hommes portent plainte, mais n'abandonnent pas la course pour autant. Sans semer la psychose dans le peloton, l'affaire intrigue. D'autant qu'un autre coureur, Nicolas Roche, a lui été aussi victime de la même mésaventure, avant le départ de la 9e étape, expliquait à l'époque Le Parisien. Il a entendu une forte détonation, ressenti une pointe dans le genou, avant d'en voir s'échapper un filet de sang. Dans les deux affaires, il n'y a jamais eu d'arrestation.

De la provocation

En 2011, Alberto Contador, tenant du titre, n'est pas au mieux, sur son vélo comme dans le cœur des spectateurs. Soupçonné de s'être dopé au clenbutérol, l'Espagnol est d'abord sifflé copieusement lors de la présentation des équipes, au Puy-du-Fou (Vendée). Une animosité qui se retrouve sur le bord des routes. Lors de la 19e étape et de la montée vers L'Alpe-d'Huez (Isère), l'un des spectateurs se déguise en médecin et fait semblant d’ausculter le coureur. La "blague" n'est pas du goût de l'intéressé, qui répond par une gifle. 

Des clous sur la route

Qui veut saboter le Tour de France 2012 ? Et pour quelle raison ? Mystère. Des clous de tapissiers (sorte de très grosses punaises) sont jetés sur la route de la 14e étape, entre Limoux (Aude) et Foix (Ariège). Résultat : une série de crevaisons en tête de la course. Parmi les victimes, l'Australien Cadel Evans, le vainqueur du Tour 2011. A l'initiative du porteur du maillot jaune, le Britannique Bradley Wiggins (qui, lui aussi, a crevé), le premier peloton ralentit alors l'allure pour "gommer" cette série de crevaisons et ne pas fausser l'épreuve.

 Des supporters qui courent

"Ne courez pas à côté des coureurs." Les téléspectateurs ont droit à cette annonce à chaque édition. Pourtant, la ferveur semble faire perdre toute maîtrise de soi à certains de ceux placés en bord de route, comme lors de la deuxième étape de cette édition 2013. L'un des spectateurs s'élance pour suivre durant quelques secondes ses idoles. C'était sans compter sur l'un de ses voisins, qui suit les consignes, lui, et surtout, aime les faire respecter. Il ne s'est donc pas privé de mettre à terre l'imprudent, façon catcheur. Heureusement, la chute n'a pas perturbé le déroulement de la course.

L'enthousiasme est parfois réfréné par les coureurs eux-mêmes. Ainsi, en 2012, Luis Leon Sanchez, coureur de la Rabobank, écarte d'une gifle un supporter un peu trop fougueux.

Bonus : les chiens s'en mêlent aussi

Le danger peut parfois venir de là où on ne l'attend pas. Le 20 juillet 2012, un chien échappe à la surveillance de son maître, et coupe la route du peloton, provoquant la chute d'une dizaine de coureurs. L'un d'eux, fou de rage, fait la leçon au propriétaire de l'animal. 

La scène a bien failli se reproduire en 2013, lors de la deuxième étape. Là aussi, un chien prend la tangente et reste au milieu de la route, avant d'éviter le peloton au tout dernier moment.

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