Marseille : une femme cache la mort de sa mère pendant plus de vingt-deux ans et touche sa retraite

Un véhicule de police à Marseille (Bouches-du-Rhône), en septembre 2017. 
Un véhicule de police à Marseille (Bouches-du-Rhône), en septembre 2017.  (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Selon les informations de "La Provence", la fille de la défunte a perçu la somme de 613 euros chaque mois, soit, au total, 162 000 euros entre 1993 et 2016. 

En près de vingt-trois ans, pas moins de 162 000 euros ont été perçus par erreur. A Marseille, une femme a dissimulé la mort de sa mère entre 1993 et 2016, et ainsi touché sa pension de retraite chaque mois pendant toute cette période, a rapporté La Provence jeudi 12 avril. La fille de la défunte, placée en garde à vue mardi, aurait reconnu une partie des faits, selon le journal. 

Tout commence en 1993, lorsque la mère de cette femme meurt, à l'âge de 79 ans. D'après La Provence, sa mort est bien déclarée en mairie. C'est auprès de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) qu'elle ne l'est pas, relate le journal. En conséquence, la défunte continue de recevoir 603 euros de retraite chaque mois sur son compte bancaire, auquel sa fille a accès. 

Un acte de décès falsifié

L'enquête démarre en août 2015, au moment où la Carsat réexamine ce dossier. L'organisme devait le faire en 1999, à l'occasion des 85 ans supposés de la défunte, mais ne le fera que seize ans plus tard, selon La Provence. Interrogée par la Caisse d'assurance retraite, sa fille assure alors que sa mère est partie en vacances quelques jours au Monténégro. La Carsat, suspicieuse, met fin aux versements de sa pension de retraite. 

La fille de la retraitée défunte truque alors l'acte de décès de son beau-frère, mort en 2016, pour faire croire à l'organisme que sa mère est morte à ce moment-là. La Carsat, qui repère la falsification, prévient alors les autorités. 

Cette femme est désormais accusée de dissimulation de décès, faux et usage de faux. La brigade de lutte contre les fraudes de la sûreté départementale, en charge de l'enquête, ne sait pas encore s'il s'agit d'un oubli de sa part ou d'une véritable escroquerie.