Près d'un tiers des Français adhèrent aux idées du FN, pas à ses "solutions"

Marine le Pen, présidente du Front national, lors de ses vœux à la presse, le 8 janvier 2013.
Marine le Pen, présidente du Front national, lors de ses vœux à la presse, le 8 janvier 2013. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Plus de 30% des Français se disent d'accord avec les idées du parti Marine Le Pen, alors que 81% rejettent les solutions proposées, selon un sondage TNS Sofres.

Le Front national "se banalise", explique Le Monde : 32% des Français se disent d'accord avec les idées du parti d'extrême droite, un chiffre en très légère hausse depuis un an. Néanmoins, une très nette majorité de Français (81%) n'adhèrent pas aux "solutions" de Marine Le Pen, selon un baromètre annuel de TNS Sofres réalisé pour France Info-Le Monde-Canal+, publié mercredi 6 février.

Le FN n'inquiète plus

Signe de sa progression, le FN ne "représente un danger pour la démocratie" qu'aux yeux de 47% de sondés, passant pour la première fois sous la barre des 50%, et 35% jugent que "c'est un parti qui a la capacité de participer à un gouvernement". Une progression de 8 point par rapport à l'an dernier. "Plus de 70% des sondés désignaient ce parti comme un danger dans la deuxième partie des années 1990", rappelle Le Monde.

Par ailleurs, Marine Le Pen est considérée comme le porte-drapeau d'une "droite patriote attachée aux valeurs traditionnelles" par 44% des personnes interrogées. En 2012, la même proportion de sondés la considérait comme chef de file d'une "extrême droite nationaliste et xénophobe"

Des idées en progression dans la société...

Selon ce sondage, 32% de Français sont d'accord avec "les idées défendues par le Front national" dont 6% "tout à fait d'accord" et 26% "assez d'accord". Une hausse d'un point par rapport à 2012, mais surtout un chiffre jamais atteint depuis 1991. "Ce qui est frappant, c'est qu'il n'y a pas de décrue post-électorale" comme après les présidentielles de 1995 ou de 2002, décrypte Emmanuel Rivière, directeur du département Opinion chez TNS-Sofres. A l'opposé, 63% des personnes interrogées sont en désaccord (26% "plutôt", 37% "tout à fait") avec les idées frontistes.

... surtout auprès des sympathisants de l'UMP

Les niveaux d'adhésion à des opinions rattachables au FN sont stables ou en légère hausse. La plus forte progression est de 9 points, pour l'idée selon laquelle "on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France", défendue par 72% des personnes interrogées. Si 54% des sondés (+3 points) trouvent qu'"on accorde trop de droits à l'islam et aux musulmans en France", ils sont 71% chez les sympathisants UMP. De même, 74% de ces derniers jugent qu'"il y a trop d'immigrés en France". Ils sont 54% toutes opinions politiques confondues.

En revanche, les idées défendues uniquement par le FN perdent du terrain : le rétablissement de la peine de mort est défendu par 32% des personnes interrogées (-1 point), tout comme l'idée de supprimer l'euro et de revenir au franc, à 29%. "Cela montre bien que c'est plutôt ce qui se passe au sein de l'UMP qui compte. Ses leaders aident à ce que les thématiques de l'immigration et de l'islam soient plus présentes, plus débattues et sans doute vécues comme plus problématiques", analyse Emmanuel Rivière.

Un rejet des solutions

Si 35% des Français adhèrent aux "constats" du FN, l'enquête révèle qu'une très nette majorité de sondés (81%) n'adhèrent pas aux "solutions" que propose Marine Le Pen. Seuls 12% adhèrent à la fois aux constats et aux solutions.

Du côté de l'isoloir, 63% des sondés n'ont "jamais voté FN" et "n'envisagent pas de voter FN à l'avenir" et 4%, s'ils disent avoir déjà glissé un bulletin FN dans l'urne, n'ont plus l'intention de le faire. Pour 27%, c'est une hypothèse envisageable.

 

Sondage réalisé du 24 au 28 janvier en face à face au domicile des personnes interrogées auprès d'un échantillon de 1 012 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.

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