Ariège : le fiasco du domaine du Palais

C’était la bonne affaire garantie. Un placement immobilier qui consiste à investir dans le patrimoine et le luxe, en rénovant un palais épiscopal en Ariège. Mais derrière les belle pierres et la défiscalisation garantie se cachaient en fait ... liquidations judiciaires, redressements et expulsions ! 

Au pied des Pyrénées, le Palais des évêques de Saint-Lizier est un joyau du 17e siècle, propriété du département de l’Ariège. C’est dans ce cadre prestigieux que s’est installé Eric Schaeller il y a un an et demi.

Son appartement fait 40m2. C'est meublé dont le loyer s'élève à 550 euros par mois, électricité et ménage compris. L’appartement idéal pour ce technicien, jusqu’à la veille de Noel quand il a reçu un courrier d'expulsion : “Je vous demande donc à la réception de la présente de bien vouloir quitter l’appartement. En outre, je ne suis pas en mesure de vous assurer que les services d’énergie et du chauffage puissent etre maintenus”, explique le bailleur dans la lettre. 

Comme lui, 13 locataires, pourtant à jour de loyer, sont en attente d’expulsion. Car la societé qui exploitait la résidence vient d’être mise en liquidation judiciaire. Son gardien, congédié. Comment en est on arrivé là ? Tout a commencé en 2004. Le département de l’Ariège veut alors rénover le palais des évêques à l’abandon. Le projet était de le confier à des promoteurs via un bail emphytéotique, pour qu'ils le transforment en résidence meublée de luxe. Mais la clientèle touristique espérée n’est jamais venue. Les promoteurs ont fait faillite. 

150 investisseurs sur le carreau

Sur les 85 logements prévus, seulement 58 ont vu le jour. 150 investisseurs qui avaient cru au projet sont restés sur le carreau.

En banlieue parisienne, un cadre retraité de la sécurite sociale comptait sur ce placement pour sa retraite : “le contrat précisait que c’était défiscalisé, alors qu’en fait, ça ne l’a pas été. Il y a même eu des cas où des gens ont dû vendre leur propre maison pour pouvoir rembourser la défiscalisation qui avait été commencée”, s'insurge Joel Roy qui a investi 71 000 euros dans le domaine du Palais, à perte. Le montage juridique du projet était défaillant, empêchant les investisseurs de bénéficier  de la défiscalisation" 

Epargnants floués, locataires expulsés, mais une fois la liquidation judiciaire soldée, si aucun repreneur ne se présente, le site rénové devrait revenir à son propriétaire originel.

Le département de l’Ariège serait alors le seul à ne pas avoir fait une mauvaise affaire dans cette histoire. Qu'en pense le président du conseil départemental de l'Ariège ?  “Compte tenu du nombre de gens qui ont été floués, je ne préfère ne pas m’exprimer là dessus. Je comprends leur colère, et je comprends leur désarroi”, affirme géné Henri Nayrou. 

Les élus ne disent pas ce qu’ils comptent faire du domaine du Palais s’ils le récupèrent. Il faut dire que plusieurs procédures judiciaires sont en cours pour démêler les responsabilités dans ce fiacso immobilier.

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