Salariés de GM&S reçus à l'Élysée : la CGT veut du concret et pas des "petites phrases"

 Vincent Labrousse, au premier plan, des employés de GM&S et leur avocat, le 4 septembre 2017 à Poitiers (Vienne). 
 Vincent Labrousse, au premier plan, des employés de GM&S et leur avocat, le 4 septembre 2017 à Poitiers (Vienne).  (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

L'élu CGT de l'usine GM&S dans la Creuse, Vincent Labrousse, a prévenu : "On va continuer à se battre dans l'intérêt des salariés", a-t-il déclaré avant la rencontre des salariés avec les conseillers du président de la République lundi.

Vincent Labrousse, élu CGT du site de GM&S de la Souterraine, dans la Creuse, a prévenu lundi 23 octobre, sur franceinfo, qu'il attendait des "choses concrètes" du rendez-vous prévu dans la journée avec des conseillers d'Emmanuel Macron, à l'Élysée.

Au programme : l'avenir du site, alors que le chef de l'État a suggéré, au début du mois, que "certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas", visant les salariés de l'équipementier automobile.

franceinfo : allez-vous arriver à mettre de côté ces propos du chef de l'État ?

Vincent Labrousse : Les petites phrases, on aura du mal à les mettre de côté, parce qu'il nous a atteints dans notre vécu, mais ce n'est pas ce qui nous mène jusque-là, on va continuer à se battre dans l'intérêt des salariés. Nous, on y va déjà pour porter nos propositions sur les possibilités de réembauche des salariés, que ce soit au sein de GMD (le repreneur de GM&S), ou dans la région, puisqu'il y a des possibilités de soutien de l'État sur la revitalisation. On y va aussi pour évoquer l'accompagnement des salariés licenciés. 

Attendez-vous tout de même des excuses ?

Ça, ça le regarde. Les attentes que l'on a, c'est surtout pour les salariés, que des alternatives soient mises en œuvre, que l'entreprise puisse redémarrer correctement, puisque ce n'est pas le cas actuellement. Même si nous avons été directement accusés et invectivés par le président de la République ou par M. Griveaux [ministre de l'Économie], ce n'est pas la réalité de la situation. On a été comparé aux Whirlpool sur les mesures d'accompagnement. On va comparer les choses : Whirlpool et GM&S La Souterraine.On y va dans cet esprit-là. 

Ce que l'on veut, c'est qu'il ressorte des choses concrètes de ce rendez-vous, et pas des petites phrases. Ce n'est pas ça qui règlera l'avenir des salariés.Vincent Labrousse, élu CGT du site de GM&S de la Souterraineà franceinfo

Quel rôle peut jouer l'État dans l'accompagnement des salariés ?

Il peut y avoir des accompagnements sur le territoire. Ce n'est pas parce qu'on est GM&S ou qu'on fait des caprices qu'on demande une prise en compte particulière, c'est parce que les mesures d'accompagnement qui sont prévues dans le plan social ne sont pas du tout exceptionnelles. Elles ne sont pas adaptées à la réalité des salariés, particulièrement dans le territoire et dans le bassin d'emploi dans lequel on est, puisqu'on était la deuxième entreprise privée du département. Pour retrouver un travail, ça va être très compliqué. Donc, il y a des possibilités d'atteindre le chiffre d'affaires prévu en réembauchant les salariés sur le site, et puis, après, il y a d'autres incitations à mettre en œuvre, ça va dépendre du gouvernement et de quelle politique il veut appliquer.

"On était la deuxième entreprise privée du département. Pour retrouver un travail, ça va être très compliqué" Vincent Labrousse, élu CGT du site de GM&S, à franceinfo.
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