Nantes : exclue d'un cours à tort, une étudiante voilée porte plainte

La jeune femme a été brièvement exclue d'un cours par erreur mercredi, mais a quand même porté plainte pour discrimination.

Une étudiante portant le voile islamique sur les cheveux a été brièvement exclue d'un cours par erreur, mercredi, par une professeur vacataire de l'université de Nantes (Loire-Atlantique). Elle a ensuite été réintégrée avec des excuses, mais elle a porté plainte pour discrimination, selon les informations publiées vendredi 18 janvier par le quotidien Presse-Océan.

"Il y a bien eu un dépôt de plainte de cette étudiante au commissariat pour 'discrimination' mercredi soir", a indiqué à l'AFP le parquet de Nantes vendredi, précisant que la plainte était en cours de traitement au niveau du commissariat.

La loi sur le voile ne s'applique pas aux universités

L'université de Nantes a indiqué qu'une enseignante vacataire, "qui enseigne d'ordinaire au lycée", a demandé en début de cours à cette étudiante, ainsi qu'à un jeune homme portant un bonnet, de se découvrir. Le jeune homme a obtempéré, mais pas la jeune femme. Cette étudiante de 24 ans, de nationalité tunisienne, est allée s'adresser aux responsables de son département d'études, l'UFR Sciences et Techniques. Ceux-ci sont aussitôt venus expliquer son erreur à l'enseignante, selon l'université. La vacataire s'est ensuite excusée auprès de l'étudiante. Puis cette dernière a été réintégrée dans le cours et a pu assister à la suite. Elle a porté plainte un peu plus tard.

La loi du 15 mars 2004 sur la laïcité interdit le port de signes religieux "ostentatoires", toutes confessions confondues, dans les écoles, collèges et lycées publics, mais elle ne s'applique pas aux étudiants à l'université. Une autre loi, votée le 20 octobre 2010, interdit la dissimulation du visage sur la voie publique. Le port à l'université d'un tel foulard, pas plus que celui d'un bonnet, n'est donc pas visé par ces deux législations.