Municipales à Paris : NKM sort victorieuse d'une primaire tendue

Nathalie Kosciusko-Morizet, encore candidate à la primaire UMP pour la mairie de Paris, le 1er juin 2013, dans la capitale.
Nathalie Kosciusko-Morizet, encore candidate à la primaire UMP pour la mairie de Paris, le 1er juin 2013, dans la capitale. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Elle l'emporte dès le premier tour avec 58,16% des voix, loin devant Jean-François Legaret.

Elue dès le premier tour. Nathalie Kosciusko-Morizet a remporté lundi 3 juin la primaire UMP pour les élections municipales à Paris. Elle a rassemblé 58,16% des voix, a annoncé Antoine Rufenacht, président du conseil supérieur de la primaire. Nathalie Kosciusko-Morizet échappe ainsi au scénario redouté d'un ballottage.

Une large victoire malgré une campagne pas simple

La quadragénaire peut se réjouir d'une victoire nette dans cette course interne pour la mairie de Paris. Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement de la capitale, deuxième de ce scrutin, est loin derrière avec 20,40% des voix. Viennent ensuite le conseiller de Paris Pierre-Yves Bournazel, avec 10,75% des voix, et Franck Margain, vice-président du Parti chrétien-démocrate, qui a réuni 10,34% des voix.

La campagne a fait figure de parcours d'obstacles pour l'ex-porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy. La députée de l'Essone avait d'abord vu dans cette primaire une formalité, tant les sondages éclipsaient ses rivaux, peu connus du grand public. Mais elle a dû faire face au rejet des opposants au mariage homosexuel, qui ne lui pardonnent pas de s'être abstenue lors du vote de la loi Taubira. Pour l'ancienne ministre UMP Roselyne Bachelot, cette victoire signe d'ailleurs la défaite des antimariage pour tous.

NKM s'est aussi attiré les foudres de la frange la plus droitière de l'UMP, qui lui reproche notamment ses prises de position contre Patrick Buisson, l'inspirateur de la "droitisation" du parti.

Des adversaires qui s'inclinent, le fiasco évité

Le début de scrutin, très tendu, avait laissé augurer un fiasco digne de l'élection du président de l'UMP en novembre. Pierre-Yves Bournazel avait jeté le trouble vendredi, réclamant la suspension immédiate du vote électronique. Il avait dénoncé un "système incontestablement défaillant". Mais le superviseur de la primaire, Antoine Rufenacht, avait refusé un report ou une annulation"Ce qui se passe à Paris est un message d'alerte pour l'UMP", avait  souligné Luc Chatel dans un entretien au Parisien.

L'heure semblait à l'apaisement lundi soir. "Les esprits se sont calmés. C'est une première qui s'achève de manière satisfaisante", a estimé Antoine Rufenacht. Même s'il n'a pas abandonné ses accusations, parlant d'"irrégularités", Pierre-Yves Bournazel a reconnu la victoire de NKM. "Nous sommes dans la même famille politique et ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous a divisés", a-t-il confié. "Le résultat est tranché, il faut se rassembler", a déclaré pour sa part Jean-François Legaret, sur BFMTV.

Même le cofondateur de la Droite forte, Guillaume Peltier, qui avait appelé à la faire battre, a félicité la députée de l'Essonne via Twitter.

La primaire n'a tout de même pas attiré les foules. Au total, 23 314 électeurs s'étaient inscrits pour y prendre part, a précisé Antoine Rufenacht. Le nombre de suffrages exprimés est de 20 314, soit un taux de participation de 86,10%.

NKM va à présent pouvoir se lancer dans la campagne face à sa principale adversaire, la socialiste Anne Hidalgo, 53 ans, qui brigue la succession de Bertrand Delanoë. Des sondages les placent au coude-à-coude en vue du premier tour de l'élection municipale de 2014.

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