Mélenchon, l'homme qui coûterait (au moins) 100 milliards

Le candidat du Front de gauche à Limoges, le 4 avril.
Le candidat du Front de gauche à Limoges, le 4 avril. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

L'Institut de l'entreprise a chiffré les mesures phare du candidat du Front de gauche. Selon ce think tank patronal, la retraite à 60 ans à taux plein entraînerait, à elle seule, 27 milliards de dépenses par an.

Plus de 100 milliards d'euros. C'est le chiffrage auquel aboutit, jeudi 5 avril, la cellule des programmes de la présidentielle réunie par l'Institut de l'entreprise, qui a évalué le coût pour les finances publiques des mesures phare du programme de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche.

L'Institut de l'entreprise, un think tank patronal, réunit depuis 2007 une cellule de chiffrage des programmes des principaux candidats à l'élection présidentielle dans "un esprit de complète neutralité", assure-t-il. Il juge la "facture salée" :

• Rétablir la retraite à 60 ans à taux plein pour tous : 27 milliards d'euros annuels.

• Remboursement à 100% des dépenses de santé (optique et dentaire compris) : entre 23 et 76 milliards d'euros, selon les efforts demandés aux complémentaires.

• Mesures en faveur de l'enseignement supérieur : entre 2,7 et 5,6 milliards d'euros.

• Doublement du budget public de la recherche : 13,9 milliards d'euros.

• Rétablissement des effectifs supprimés dans l'éducation nationale : entre 1,9 et 2,2 milliards d'euros.

• Porter le budget du ministère des Sports à 1% du budget national : 3,5 milliards d'euros.

• Augmenter de 50% l'investissement de l'Etat dans l'enseignement professionnel : 2,4 à 3,1 milliards d'euros.

• Créer un pôle énergie 100% public via des nationalisations : de 142 à 152 milliards d'euros si EDF, GDF, Areva et Total étaient entièrement nationalisées, de 102 à 107 milliards si seule Total était concernée (sur la base des modalités retenues par le gouvernement socialiste de 1982).

• Supprimer l'ensemble des dispositifs d'exonérations de charges sociales (part employeurs) : cela produirait 28 milliards de recettes brutes. Mais elle serait "rapidement compensée par les dépenses d'indemnisation chômage liées à la destruction d'emplois qui en résulterait", selon l'Institut de l'entreprise, qui reprend à son compte le chiffre de 800 000 suppressions évoqué en 2005 dans un rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi.

• Taxer de 10% les revenus financiers (taxe contribution logement) : cela ramènerait dans les caisses de l'Etat chaque année entre 8,7 et 9,9 milliards d'euros.

Vous êtes à nouveau en ligne