François Hollande attaqué par l'aile gauche du PS

Benoît Hamon et François Hollande, complices, lors de l\'université d\'été du PS, le 27 août 2011 à La Rochelle (Charente-Maritime). 
Benoît Hamon et François Hollande, complices, lors de l'université d'été du PS, le 27 août 2011 à La Rochelle (Charente-Maritime).  (XAVIER LEOTY / AFP)

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, interpelle publiquement le candidat socialiste sur sa proposition de "redéployer" les postes dans la fonction publique pour rétablir les 60 000 postes dans l'éducation.

Après l'UMP, c'est au tour du PS lui-même de s'interroger publiquement sur le manque de clarté de François Hollande. Dans un communiqué envoyé mardi 17 janvier aux journalistes, l'aile gauche du parti - emmenée par le porte-parole Benoît Hamon et le député Henri Emmanuelli - interpelle son propre candidat au sujet des 60 000 postes qu'il souhaite rétablir dans l'Education nationale entre 2012 et 2017.

Hamon et ses amis s'émeuvent en effet que cette proposition phare de François Hollande repose sur des "redéploiements", et non des créations de postes. Autrement dit, que l'on projette de ponctionner des postes ici pour les transférer là. "Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d’infirmière en moins. La crise appelle la responsabilité et la crédibilité", tancent-ils.

Le lendemain, Alain Vidalies, le secrétaire national du PS au travail et à l'emploi, interrogé sur France Inter, a ajouté à la confusion. Il a assuré que les 60 000 postes dans l'Education nationale seraient "des créations de postes". 

De la difficulté d'Hollande à faire respecter ses choix

Le communiqué de Benoît Hamon pose d'autant plus de questions qu'il intervient à cent jours de la présidentielle, et alors que ce point avait déjà été précisé par l'entourage du candidat dès le mois d'octobre.

Primo, il met une nouvelle fois en lumière le flou dans lequel François Hollande construit son projet. Le candidat a beau nier ces atermoiements, les interrogations de son propre camp - et du porte-parole du parti, qui plus est - montrent deux choses : qu'il ne parvient pas à se faire comprendre clairement, et qu'il ne sait pas faire respecter ses choix.

Secondo, le communiqué interroge également sur ce que veulent, au fond, Benoît Hamon et ses amis. En décidant d'envoyer un communiqué à la presse, ils ont décidé de braquer les projecteurs sur une zone d'ombre de leur propre candidat. Du pain bénit pour l'UMP, qui a immédiatement envoyé une salve de communiqués : "Même au sein de sa propre équipe de campagne, Hollande ne fait pas l’unanimité et ses propositions sont contredites", se régale le député de Seine-et-Marne Franck Riester

Un proche d'Hollande à propos d'Hamon : "Quel con !"

Contacté par FTVi mardi soir, un membre de l'équipe de campagne de François Hollande laisse exploser sa colère à l'égard de Benoît Hamon : "Quel con ! N'est-il pas assez grand pour nous en parler directement, plutôt que d'envoyer un communiqué ?" "On savait depuis le début qu'on s'exposait à des ennuis en acceptant qu'Hamon conserve le poste de porte-parole", dit un autre soutien de François Hollande, cité par Le Figaro"Si on a fait un communiqué, c'est simplement parce qu'on n'a pas pu le voir à ce sujet..." rétorque Henri Emmanuelli sur le site internet du Nouvel Obs.

Mardi, François Hollande n'a pourtant pas clarifié les choses. En marge d'un déplacement à Gandrange (Moselle), il a préféré botter en touche : "La bonne position est celle que j'indiquerai." Sauf qu'à trop rester dans le brouillard pour éviter les coups de Nicolas Sarkozy, François Hollande essuie ceux de ses propres camarades. Une stratégie définitivement risquée.