Les recherches entamées lundi se sont poursuivies en vain mardi pour trouver la partie manquante du corps de Laetitia

Laétitia
Laétitia (AFP/Gendarmerie Nationale)

Mardi un escadron de 75 gendarmes mobiles s'est déployé par groupe de dix à vingt dans un rayon de un à deux kilomètres, autour de la petite maison où a été interpellé le principal suspect, Tony Meilhon, à Arthon-en-Retz (Loire-Atlantique).Le corps de la jeune fille de 18 ans, disparue depuis le soir du 18 janvier, a été partiellement retrouvé.

Mardi un escadron de 75 gendarmes mobiles s'est déployé par groupe de dix à vingt dans un rayon de un à deux kilomètres, autour de la petite maison où a été interpellé le principal suspect, Tony Meilhon, à Arthon-en-Retz (Loire-Atlantique).

Le corps de la jeune fille de 18 ans, disparue depuis le soir du 18 janvier, a été partiellement retrouvé.

Aidés notamment de quatre chiens de recherches venus de Gramat (Lot) ils ont ratissé les champs et les jardins alentours, a constaté une journaliste de l'AFP. Sept plongeurs sont également intervenus pour fouiller plusieurs points d'eau autour du lieu dit du Casse-pot.

L'escadron de gendarmerie, originaire de Pontivy (Morbihan), doit reprendre les recherches mercredi.

Sa tête et ses membres ont été retrouvés le 1er février dans un plan d'eau à Lavau-sur-Loire, à environ 50 km du lieu de sa disparition. Mais les enquêteurs recherchent toujours le tronc de la victime.

Tony Meilhon, arrêté le 20 janvier, a affirmé avoir accidentellement tué Laetitia puis s'est muré dans le silence, refusant d'indiquer où il s'est débarrassé du corps.

Polémique sur le suivi judiciaire de Meilhon: premier limogeage
Jeudi 17 février, le garde des Sceaux Michel Mercier a décidé de mettre fin aux fonctions du directeur des services pénitentiaires de Rennes. Au vu des conclusions des enquêtes sur le suivi du meurtrier présumé de la jeune fille de Pornic, le DISP de Rennes n'était "plus en mesure d'exercer son autorité dans des conditions compatibles avec l'intérêt du service", a estimé le ministre selon un communiqué de la Chancellerie.

Les syndicats ont aussitôt dénoncé une mesure injuste. "C'est un bouc émissaire qu'on donne en pâture à la vindicte populaire (...) pour que l'Elysée soit content", a commenté Charlotte Cloarec du syndicat de travailleurs pénitentiaires SNEPAP-FSU. "On coupe une tête dans un corps qui ne compte que 500 personnes, discipliné, qui a peu de capacité de mobilisation et on s'imagine que tout est réglé", a dénoncé Boris Targe, du syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP). "Cette mesure est complètement injuste et n'est qu'une manière de masquer le véritable problème (...): le manque flagrant de moyens", selon Samuel Azé, secrétaire national de la CGT-pénitentiaire.

Dès le 3 février, Nicolas Sarkozy avait promis des "sanctions" pour les "fautes" et "dysfonctionnements" ayant permis, selon lui, la remise en liberté sans suivi de Tony Meilhon, un délinquant multirécidiviste.

Depuis, les rapports de l'Inspection générale des services judiciaires ont pointé des défaillances dans la coordination des services et des "carences manifestes" selon le ministre de la Justice, notamment la non prise en compte des conclusions d'un audit mené sur ce SPIP et transmises en septembre 2010 à la DISP. Les inspections n'ont en revanche pas révélé de "faute" des magistrats.


Les collègues du directeur pénitentiaire sanctionné écrivent à Mercier

Les collègues du directeur interrégional des services pénitentiaires de Rennes, relevé de ses fonctions par Michel Mercier, protestent contre cette sanction dans un courrier au ministre de la Justice, rendu public lundi.

"La situation de notre collègue nous inspire incompréhension, inquiétude et colère car nous sommes conscients de pouvoir nous trouver à tout moment confrontés aux mêmes difficultés et aux mêmes conséquences", écrivent les DISP de Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Paris, Strasbourg, Toulouse et de la Mission Outre Mer, dans une lettre datée du 18 février. "(...) le message qui nous est adressé au travers de la mesure prise à l'égard de notre collègue est celui d'une défiance immédiate et d'une mise en cause sans nuance", ajoutent-ils. "Nous ne nous considérons pas plus en mesure d'exercer notre autorité dans des conditions compatibles avec l'intérêt du service qu'Yvan Laurens, et nous acceptons d'en assumer les conséquences", concluent-ils.

Le syndicat pénitentiaire FO-Direction a appelé les personnels de direction de l'Administration pénitentiaire à manifester mercredi contre cette "mesure inique" devant le ministère de la Justice. Le Syndicat National des Directeurs Pénitentiaires s'est joint à cet appel, a-t-il annoncé lundi à l'AFP.

Le directeur sanctionné sera réaffecté
Outre la sanction prise à l'encontre du directeur de Rennes, la Chancellerie a précisé que le ministre déciderait "de le réaffecter à tel ou tel endroit". Selon les syndicats, le DISP épinglé, Claude-Yvan Laurens, en poste à Rennes depuis janvier 2009, pourrait être muté à l'Inspection des services pénitentiaires, un des services ayant enquêté sur le suivi de Tony Meilhon.

Reprise des auditions à Nantes
Les magistrats, greffiers et fonctionnaires de justice de Nantes ont par ailleurs suspendu jeudi 17 février leur mouvement de protestation. Les audiences civiles et pénales, ont été reportées durant deux semaines au tribunal de grande instance (TGI) de Nantes.

"C'est le souci de ne pas pénaliser le justiciable qui l'a emporté", a expliqué Jean-Bastien Risson, magistrat nantais membre de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), au terme d'une assemblée générale. Cette décision des magistrats nantais, à l'origine du mouvement national inédit, est survenue quelques heures après l'annonce par le ministre de la Justice Michel Mercier du limogeage du directeur interrégional des services pénitentiaires de Rennes.

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