"Entreprises" : ce mot que Hollande utilise le plus dans ses discours

Pour le premier anniversaire de François Hollande à l'Elysée, francetv info a recensé les mots les plus prononcés par le chef de l'Etat depuis le 6 mai 2012.

L'adage veut que les mots aient un sens. Alors que François Hollande fête son premier anniversaire à l'Elysée, lundi 6 mai, francetv info a passé au crible pas moins de 159 discours et allocutions officiels prononcés par le chef de l'Etat depuis sa prise de fonctions*. Verdict : le terme "entreprises" est le mot-clé qui revient le plus souvent dans la bouche du président de la République, puisqu'il a été cité à 730 reprises en un an ! Il devance, de loin, les termes "Europe" (590 occurrences) et "croissance" (361 occurrences).

"On peut s'en réjouir, commente pour francetv info le chef d'entreprise Thibault Lanxade, candidat à la succession de Laurence Parisot à la présidence du Medef. Mais au-delà des mots, ce sont les actes qui importent. Et pour l'instant, le climat n'est pas positif pour les entrepreneurs." 

"La câlinothérapie de Hollande ne fonctionne pas"

Il faut dire que depuis le 6 mai 2012, la météo entre le chef de l'Etat et les patrons alterne sans cesse entre nuages et éclaircies. S'il sait pertinemment qu'il ne parviendra pas à redresser l'économie en se mettant à dos les entreprises, François Hollande, réputé pour son art de la synthèse, ne veut pas non plus se couper totalement de la gauche du PS.

Hautement symbolique, le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi, signé par le Medef et trois syndicats, devrait être adopté au Parlement dans les prochaines semaines. Introduisant plus de flexibilité dans le marché du travail français, il a été rejeté par la CGT et Force ouvrière, mais est salué par une large partie de l'UMP et par les patrons.

Des patrons qui, en octobre, ont mené une fronde dite des "pigeons" contre la volonté du chef de l'Etat de taxer les plus-values lors des reventes d'entreprises. Un "malentendu", a assuré fin avril François Hollande, devant 300 patrons invités à l'Elysée. Des patrons qu'il a câlinés, en saluant ceux qui "prennent chaque jour des risques pour notre économie et pour l'emploi", et en affirmant que "notre premier devoir, c'est de stimuler l'esprit d'entreprise dans notre pays". Un discours plutôt inédit pour un président de gauche.

C'était sans compter sur le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui, deux jours plus tard, a dissuadé le géant américain Yahoo! d'investir dans l'entreprise française Dailymotion. Envoyant un message déroutant à l'étranger : celui qu'investir en France est définitivement compliqué.

"On souffle le chaud et le froid, quand on a besoin de stabilité. Un pas en avant, deux pas en arrière, regrette le PDG Thibault Lanxade. La câlinothérapie de François Hollande à l'égard des entrepreneurs ne fonctionnent pas !"

"Le mot qu'il aurait dû le plus citer, c'est solidarité !"

A gauche, l'ancienne députée Martine Billard, qui copréside le Parti de gauche avec Jean-Luc Mélenchon, ne fait pas exactement la même interprétation de notre étude : "La bataille des mots est très importante, et le fait que le mot 'entreprise' soit le plus cité par François Hollande est très significatif : depuis un an, on se soucie plus des entreprises que des salariés. Ce que le Medef n'avait pas obtenu sous Sarkozy, il l'obtient sous Hollande !"

Verdict : "S'il menait une politique de gauche, tranche Martine Billard, les mots qu'il aurait dû le plus employer, c'est la solidarité et la justice sociale !" Ou l'art impossible de la synthèse par François Hollande...

*L'étude porte sur 159 discours et allocutions, retranscrits et publiés sur le site de la présidence de la République, du 15 mai 2012 au 1er mai 2013.

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